Enfants de la balle

téléchargement (5)Déficit de communication ou décentralisation mal maîtrisée aux Costes Rouges, toujours est-il que sous le chapiteau du Cirque Bang Bang, pour une jauge de 200 places, il n’y avait samedi soir qu’une trentaine de personnes sur les gradins. Ce spectacle contemporain «  Post »  créé à l’été 2011 est actuellement en tournée dans le cadre d’itinéraire de cirque en Massif Central et faisait partie du triptyque d’ouverture des saisons de La Baleine d’Onet et de la M.J.C. de Rodez.  Bang Bang, ce sont deux artistes circassiens, Martin Palisse et Elsa Guérin, jongleurs autodidactes  mais déjà près de 15 ans de représentations derrière eux, lesquels évoluent sobrement vêtus au milieu de la piste sur un espace tout blanc, se jouant de la lumière des projecteurs. Chacun, trois balles blanches en mains, du jonglage basique donc, mais totalement revisité par le rythme, l’équilibre à la limite de l’instable ou les relations toujours à redéfinir qu’ils s’imposent entre  eux d’une part, avec leurs accessoires d’autre part. Sur le front ou dans le creux du bras, dans le cou ou au bout du pied, ils sont toujours en recherche du geste précis, surprenant ou décalé lequel transformera des figures classiques en chorégraphies aériennes ou charnelles, c’est selon. La séquence le plus probante arrive lorsqu’ils s’attachent mutuellement par un ruban adhésif rouge, les bras et les  jambes, et même se bandent les yeux , ce qui à la fois complique sérieusement leurs déplacements bien sûr, mais a contrario souligne dextérité et savoir-faire. À l’aveugle, ils vont se défier,  se chercher, se confronter, tout en continuant d’explorer l’espace scénique. Ils rivalisent ainsi d’adresse et d’enthousiasme pour exprimer davantage encore un moment qui plonge au plus intime du couple. Ligotés, dos à dos,  ou à nouveau  libres de leurs mouvements, leur duo souligne la vulnérabilité individuelle, la nécessaire confiance dans le partenaire, laquelle permet in fine de reculer les limites. C’est un mélange de délicatesse et de poésie, de fragilité humaine et de maestria qui embrasse large. La bande son aux accents métalliques obsessionnels renforce cette atmosphère un peu irréelle d’un spectacle aussi insolite qu’envoûtant.

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