L’affaire est dans le sac

téléchargement (4)Grâce et poésie au programme avec «  L’après-midi d’un foehn » de la compagnie Non Nova avec Phia Ménard. Sur scène, disposés comme les chiffres d’une pendule en alternance, six ventilateurs et six projecteurs qui délimitent l’ espace dans lequel l’artiste va évoluer. Bonnet sur la tête et redingote stricte, il déambule lentement sur une musique ultra zen, le temps que les spectateurs s’installent au plus près pour bien apprécier à sa juste valeur ce qui va suivre. Il pose sur le sol un sac plastique tout ce qu’il y a de plus banal, et avec des  ciseaux et du scotch, il découpe et colle de façon à confectionner une forme de bonhomme, et, ensuite sur les notes de Debussy, ce personnage va s’emplir d’air et prendre lentement forme pour commencer des évolutions incroyables telles un patineur sur de la glace. Un second personnage le rejoint et c’est reparti de plus belle pour des chorégraphies en duo toutes de légèreté. Et ainsi, progressivement, plus d’une dizaine de ces figurines incroyables se rejoignent pour un ballet absolument féerique, une symphonie aérienne et vaporeuse. Les courants d’air deviennent plus puissants, les envolées plus échevelées, c’est un tourbillon maîtrisé de silhouettes qui volent et virevoltent en harmonie et en apesanteur. C’est alors que le comédien entre en scène et se mêle à ce maelström d’élégance absolue. Avec son parapluie, il les récupère un à un comme un camelot ramasserait sa marchandise, avant de  changer du tout au tout d’attitude, se déchaînant contre ces sacs redevenus hideux et source de pollution . Il  les crève, les explose, les déchiquette consciencieusement pour les renvoyer à leurs conditions de détritus tous plus laids et encombrants lesquels nous envahissent toujours davantage.  Comme un épouvantail égaré, il titube et erre dans une décharge… comme une parabole de  l’homme moderne dont les inventions aussi utiles qu’anodines peuvent aussi bien produire le meilleur que le pire.                                                                       Ce manifeste écolo magique se décline toute la semaine dans le cadre du partenariat M.J.C. Rodez et Baleine d’Onet, dans  ces deux théâtres,   il faut absolument s’y précipiter.

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