Fracasse du grand siècle

 

téléchargement (2)Une conclusion en fanfare pour le festival Rire Onet, après le désastre de la veille, voilà qui fait du bien.  Avec « Capitaine Fracasse » , une fantaisie truculente d’après le roman picaresque de Théophile Gauthier situé à l’époque de Louis XIII, c’est  une adaptation  complètement rocambolesque  qui sert surtout de toile de fond entre des séquences plus échevelées les unes que les autres, le tout joué sur des tréteaux, manière de souligner la filiation avec l‘histoire intrinsèque du théâtre mais tout aussitôt dézingué par une relecture éblouissante résolument contemporaine. La troupe de dix comédiens survoltés est toujours en mouvement, mais, capable en pleine action, de solliciter le public pour le faire participer. Des duels à l’épée qui scintillent, des poursuites improbables façon cartoon, des clins d’œil cinéma genre arrêts sur images ou ralentis, des intermèdes  musicaux délicieux -du bel canto à West Side Story-, et une inventivité toujours renouvelée, voilà le cocktail détonnant de cette folie douce que l’on se plait à déguster. Quelques anachronismes joyeux, tels accent belge ou so british, des tirades en grec ancien au besoin, des mélodies gitanes, tout n’est que prétexte à interpeller et à mettre en abîme le théâtre de la vie et inversement. Derrière chaque soubrette, marquise ou jeune évaporée prête à se pâmer, se lit en filigrane reconnaissance légitime et  féminisme en devenir, derrière les rapports convenus maître/ valet se déclinent  revendications sociales et lutte des classes, c’est dire si c’est ce spectacle est tout sauf politiquement correct. Ponctué de chants absolument magnifiques a capella ou accompagnés live par guitare ou batterie, c’est la Commedia del arte à son zénith, avec sa galerie de personnages aussi flamboyants qu’indispensables tels Matamore ou Arlequin avec même en prime un lanceur de couteaux, pour tout dire un moment vraiment exceptionnel. La troupe toulousaine de  la Compagnie l’Esquisse, une habituée de la scène ruthénoise, et ses comédiens qui se démultiplient sans relâche pour une interprétation vibrionnante de malice et d’impertinence, proposait une fois encoresur une mise en scène de Carlo Boso, un summum d’intelligence à partager.                                                                   Un feu d’artifices  génial  pour le meilleur et pour le rire.

 

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