Aux grands mots, les bons remèdes

téléchargement (1)Ils ne manquent pas de talent Albin Warette et Aurélien Zolli de la Compagnie « Des sourires et des hommes » qui ouvraient avec leur spectacle  » Oui et … » la soirée de samedi à La Baleine car il en faut pour tenir un public en haleine pendant environ une heure d’improvisations fulgurantes tout en variant les plaisirs. Un chapeau duquel quatre mots sont tirés au sort parmi ceux récoltés auprès du public, un tableau noir pour que chacun s’approprie ces balises autour desquelles ils se doivent de naviguer voire quelques accessoires récupérés dans la salle comme une étole ou un parapluie, et c’est tout. Y ajouter des situations extravagantes mêlant anachronismes d’époque, de lieux et de personnages – tout à l’opposé des règles classiques-  et pour corser encore davantage l’exercice, ils y mêlent à l’occasion des contraintes supplémentaires, genre parler en alexandrins fussent-ils un peu bancals, parodier des chanteurs aussi disparates que Brassens ou Abba, Zaz ou Céline Dion ou s’aventurer sur le registre capes et épées… voilà à quoi ils s’astreignent. Leurs capacités à toujours garder le fil et savoir conclure des enchaînements ubuesques et totalement déjantés demandent vivacité d’esprit, sens de la répartie et extrême complicité car ils sont toujours à la limite du déséquilibre. Pour réussir l’amalgame de mots incongrus et d’offres loufoques, ils font preuve de beaucoup de virtuosité, l’imagination débridée toujours sur le qui-vive, et la folie ravageuse en bandoulière. Maîtriser l’improvisation est un exercice particulièrement exigeant et bluffant  qui ne s’improvise pas. Dans la lignée de prédécesseurs illustres comme les Bonimenteurs, ces deux comédiens sont capables de rebondir sans cesse, de multiplier les facéties verbales ou les mimes fantaisistes pour jongler avec des sujets parmi les plus  improbables. Ils multiplient les répliques astucieuses pour mieux enchaîner à l’envie, s’empoignant, s’affrontant ou se cajolant au besoin. Et par quelques pas d’une chorégraphie revisitée, ils concluent leurs prestations débordantes de fantaisie, un défi toujours renouvelé d’intelligence.                                                                                                         Du grand art pour ces joyeux drilles qui proposent un spectacle de bric et de broc aussi  jubilatoire que malicieux. On les retrouvera avec plaisir ce dimanche après-midi pour de nouvelles étincelles oratoires.

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