Que diable faisions-nous dans cette galère?

imagesL’idée de départ était réjouissante. Que deux acteurs ratés soient obligés de prendre leur public en otage avec kalachnikovs pétaradantes, lampes frontales et bas sur la tête façon hold-up pour ne pas jouer dans des salles vides, c’est farfelu et déjanté et il serait facile de s’abandonner à ce délire si le spectacle proposé était à la hauteur. Sauf qu’avec « Full métal Molière » on touche vite le fond et pire les comédiens vont inlassablement continuer à creuser encore et encore à n’en plus finir. D’insultes en vulgarités, de bras d’honneur en situations éculées, de reparties pitoyables en variations scatologiques, on reste abasourdi devant tant d’obscénités accumulées. Au début, on veut croire que cette version du Malade imaginaire toujours contrariée par un fou furieux toujours à vanter le Puy en Velay «  capitale de la lentille verte, de la dentelle et de la verveine »  pourrait devenir un ovni improbable joyeusement iconoclaste. Quand on y ajoute des coups de feu en pagaille, une succession de cadavres dont celui de Michel Sardou ou un casting avorté pour une marque de jambons, là tout s’emballe. Rajouter comme ingrédients un pétomane, du narcissisme insupportable, des perruques hideuses ou des chemises maculées de sang,  ça devient du n’importe quoi : un scénario qui hésite entre trash affligeant et  gore racoleur…                                                                                             Pauvre Jean-Baptiste, tout n’est ici que tartufferies  gratuites, misanthropie gluante ou odieuses fourberies. Si on évite de justesse l’accent provençal surjoué qui aurait fait se retourner Pagnol dans sa tombe, rien ou presque ne nous est épargné. Le jeu hystérique « des forcenés échappés de l’asile » se fait toujours plus insupportable, ils ne nous lâchent pas et la torture devient calvaire. C’est d’autant plus incompréhensible qu’un des comédiens revisite régulièrement l’actualité sur Canal Plus dans la Nouvelle édition où il distille souvent des aphorismes ravageurs.                                                               « Lamentable » lâche dans une réplique toute de lucidité l’un des personnages, on ne saurait mieux dire pour résumer cette litanie totalement dénuée d’humour et désespérément interminable où le mauvais goût tient lieu de références.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s