Baguettes magiques

images (2)Après un petit intermède place au deuxième spectacle « Une vie sur mesure » une délicieuse introspection dans la vie d’un passionné de batterie, un instrument dont il est capable de tirer toute une palette d’ « ambiances et de  ressentis ». Seul sur scène, dans un costume blanc prostré sur un tabouret, c’est un fantôme inquiet et possédé, comme un aliéné en camisole qui se raccroche à des cadences muettes…                   Flash-back, on remonte son histoire jusqu’au plus profond, quand petit déjà, il ne vivait que mesures, accords et autres rythmiques. Ni date, ni espace ne comptait. Seuls tempo, contre-temps, cadences ou mouvements scandaient son univers. Peu importaient les sanctions pour manque de travail scolaire, les reproches parentaux ou autres péripéties familiales, tout devenait symphonie sonore et colorée. Une fascination exclusive et possessive que seule une batterie aussi complète que possible pouvait matérialiser. Des vieux disques de la grand-mère récupérés et cachés au fond d’un placard aux barils de lessive détournés, tout était prétexte à s’imbiber de ces atmosphères musicales, à s’y abandonner à s’y  fondre, jusqu’à ce que ce rêve inaccessible devienne réalité. Et là, sur scène, cette batterie s’impose, majestueuse, rutilante, impressionnante. Et lui, faisant fi de sa timidité, s’y risque, s’y accroche, s’y déchaîne. Marche militaire rigide ou bossa-nova sucrée, rock endiablé ou boggie soyeux, trash métallique ou jazz envoûtant, c’est un maelström de sons et d’harmonies toujours inventives qu’il se plait à offrir au public conquis. Le fil de sa vie qu’il déroule tout en pudeur et frémissements se fait toujours plus complice et intimiste … Des premiers émois amoureux au groupe à construire via le local de répétition à dénicher, ce sont tous les hauts et les bas d’un inconditionnel de cet instrument qui se révèlent sous l’ombre tutélaire de Louis Armstrong ou Miles Davis. Subtil, léger et savoureux, jusqu’au dénouement poignant qui remet tout en perspectives. Le public ne s’y trompait pas qui faisait un triomphe à Cédric Chapuis.                                     Un spectacle finement ciselé absolument exceptionnel qui change à jamais le regard sur cet instrument trop souvent relégué au rang de simple faire-valoir.

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