Vert de contact

imagesOuverture en fanfare pour la quatrième édition du festival Rire Onet à La Baleine avec la présence de Marc Jolivet qui « fête ses 41 ans de scène » en tournée un peu partout en France. Un personnage haut en couleurs, parrain frondeur à l’humour volontiers grinçant et décapant, capable de saillies politiquement très incorrectes mais qui visent juste. Une entrée en matière façon Bedos pour une revue de l’actualité locale entre un maire d’ « hyper proximité » et la rivalité récurrente avec Rodez,  un vibrant plaidoyer pour « la dictature de la culture » et des spectacles à prix raisonnables en opposition « aux  people bankable » ou la télé insipide, un horizon qui n’épargne ensuite ni François Hollande  ni même ses amis écolos raillés pour leur déconnection du réel, pour finir par un hymne version Chaplin  à notre bonne vieille planète bleue en sursis, Pachamama… c’est dire si cet utopitre qui se définit avec ironie comme « gauchiste écolo » ne craint pas de bousculer les idées reçues.  Rires jaunes ou humour noir, il multiplie les coups de griffes qui font du bien et repeint de petites touches multicolores bienveillantes une vie pas aussi rose qu’il il la souhaiterait. Un opéra a capella avorté, des applications toujours plus délirantes des smartphones, la cure de désintoxication des addictions sexuelles, un dialogue surréaliste avec son digicode  après avoir siroté consciencieusement son Marcillac rouge mais bio, ou des sketches plus anciens comme les tuiles, c’est un air frais qui souffle dans la salle. Et en citoyen du monde convaincu autant de l’importance de l’agir local que du penser global, il feuillette aussi l’agenda international, de la Syrie à la Palestine, du Mali à la Chine, du Qatar au Tibet… toujours son souci de mettre en perspectives. Certes « devenu un peu chauve et  à l’étroit » dans un costume très classe quoique impertinent avec ses chaussures blanches qui détonnent, il démontre incontestablement que l’on peut faire rire des salles entières autrement qu’en visant au-dessous de la ceinture et autres plaisanteries dégoulinantes de bêtises et de préjugés.           Sa bonhommie de clown candide hypersensible, son esprit vif, son sens de la répartie qui fuse, en un mot son goût des autres, voilà un spectacle drôle et intelligent fut-il un peu trop bref qui augure du meilleur.

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