Quai pride

images (1) Une gare anonyme, des trains en partance en toutes directions dont Issiba ou Lödelat, et des voyageurs seuls, en couple ou en groupe qui se croisent dans le hall, voilà planté le décor de la pièce de Denise Bonal « Les pas perdus » que présentait samedi la troupe adultes de la MJC d’Onet animée par Olivier Royer dans un lieu inhabituel, le manoir de Saint-Félix. Une galerie de portraits hauts en couleurs pour croquer en finesse l’atmosphère si particulière de ces lieux magiques synonymes de rêves possibles. De départs fantasmés en retours prodigues, de ruptures douloureuses en retrouvailles émouvantes, c’est l’humain qui vibre dans ce qu’il a de plus profond et de plus intime. Des petites vieilles avec leurs cabas remplis de victuailles, des clochards à la dérive victimes de leurs passés, des familles en pleine recomposition, une escapade  entre amantes fiévreuses, des anonymes ordinaires ou les fantômes des déportés, les poilus de 14 ou les petits trafiquants… c’est toute une palette de personnages qui se propose à notre regard. Pour mieux souligner toute l’évolution sociologique du voyage comme mythe fondateur intrinsèque de l’humanité, c’est un maelström continu de valises fatiguées ou modernes avec roulettes multidirectionnelles, de sacs à mains sophistiqués ou de vanity cases à tissu écossais, de sacs à dos de routard ou de fourre-tout sportifs… lesquels traduisent, pour partie au moins, l’esprit des voyageurs qu’ils accompagnent. Les souvenirs fragiles des uns, la fulgurance d’une rencontre ou la tentation de Venise pour d’autres, autant de moments chaleureux qui tissent ce texte de beaucoup de sensibilité et de douceur. Tous les comédiens ont accompli des progrès remarquables au fil des ateliers et des représentations successives et font à l’unisson preuve d’une grande homogénéité pour offrir ces tranches de vie toute de subtilité. La chute finale, en pointillés délicats, s’inscrit pleinement dans le prolongement de cette comédie fluide et bien troussée pour laisser grande ouverte la porte sur l’imaginaire. On pourra les revoir plusieurs fois dans les prochains jours: tant dans la salle de la M.J.C. d’Onet les lundis 10 et 17 juin à 21 h que déambuler dans le centre historique de Rodez le dimanche 23 à partir de 18 heures et pour terminer le mardi 26 à 21 h au cinéma de Baraqueville.  Des occasions à ne pas manquer.                                                                            

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