À la limite

téléchargement (1)Soit un appartement standing profession libérale  strictement symétrique qui abrite d’un côté le cabinet d’avocat de Monsieur, de l’autre celui dentaire de Madame, le salon et le canapé communs coupés en deux par une frontière plus ou moins matérialisée, puisque les deux partenaires sont en instance de divorce. Ajouter  le majordome du couple lequel se partage entre secrétaire de l’un ou assistant de l’autre tout en montant en parallèle sa société de taxis de luxe, une escort girl absolument craquante en guêpière transparente et jupe en cuir ou un acteur de sitcom à la recherche de reconnaissance, voilà brossés les personnages de « Duos sur canapé », pièce qui clôturait le festival d’Onet . Du boulevard on l’a compris, mais plutôt bien écrit et tout à fait  lucide sur les limites du genre n’hésitant à faire le distinguo entre  «  théâtre alimentaire … et autre abrutissement des masses »  par opposition  à « théâtre social de Maison de la Culture qui aurait du fond… » , lucide donc , cucul bien évidemment  avec les sempiternelles portes qui claquent et autres quiproquos cousus de fil blanc mais  sympa car les comédiens se déchaînent avec ardeur quoique sans illusion sur le texte de Marc Camoletti. Mieux même certaines imitations présidentielles dans la diction ou la gestuelle sont franchement réussies, idem pour les métamorphoses progressives comme celle de la bourgeoise coincée en vamp vaporeuse bas résille et perruque fluo, ou les effets secondaires du joint de hasch à la térébenthine, autant de touches qui  apportent à une comédie corsetée des respirations de bon aloi. Inévitablement le dénouement final est confondant de platitudes et de conventions mais en creux on peut aussi y lire un instantané de la mentalité de la France des années 70, mesurer combien les mœurs ont évolué depuis mais aussi les progrès qui restent encore à conquérir… Félicitations à la troupe de La Dame Blanche venue d’Agen, volontaire, homogène et enthousiaste pour avoir tenté d’insuffler un peu de fraîcheur…                                                                                       Post-scriptum : que les deux pièces primées hier par le jury, Molière et Schmitt, aient mis à l’honneur l’intelligence des propos tant classiques que contemporains, ou l’inventivité de la mise en scène est à saluer. Des récompenses bien méritées.

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