Cauchemar au salon

téléchargementC’est une bande de joyeux drilles qui prennent un plaisir évident à monter sur scène que la Compagnie  de l’Araignée venu de Montbazens, laquelle était invitée hier soir à la Baleine dans le cadre du Festival de théâtre amateur . Autant leur bonne humeur et leur énergie illuminent le plateau, autant la trame de la pièce est éculée, ringarde, et  pour tout dire un condensé de ce que le théâtre de boulevard peut produire de pire: situations improbables, maris, femmes ou amants insupportables de bêtise et de veulerie, jeux de mots aussi vaseux qu’alambiqués …et j’en passe.  « Ma femme s’appelle Maurice » produit du manque d’imagination de Raffy Shart est au théâtre ce que le hamburger fatigué  est à la cuisine mitonnée…ni goût, ni saveur, juste bourratif et désespérant. Une trame qui accumule poncifs et caricatures : mari volage vivant au crochet de sa femme galeriste fortunée, maîtresse carrossée en voiture volée,  mari bafoué en primitif affublé d’un battle dress, etc … et bien sûr Maurice, ce bénévole du Secours Fraternel toujours prompt à sauver son prochain, celui autour de qui tous s’agitent. Pour se sortir du piège évident qu’est cette histoire lamentable, les comédiens de l’Araignée ont choisi la seule issue possible, la jouer outrancière et boursouflée, en rajouter dans les effets spectaculaires pour masquer la vacuité de ce texte dont les tirades supposées provoquer le rire tiennent au mieux de réflexions éméchées recueillies au comptoir au pire de poujadisme de bas étage. « Vulgaire et décadent » pour reprendre une réplique originelle, on ne saurait mieux dire… Couple friqué en crise qui ne survit que par son étroitesse d’esprit, bonnes œuvres et produits dérivés, la vraie vie est totalement absente, c’est étriqué, replié sur soi et pitoyable Quant à l’image véhiculée sur les travestis forcément honnis ou les gays inimaginables, c’est  insupportable. Si on avait en tête la version cinéma de sinistre mémoire laquelle avait atteint des  sommets dans le genre, on savait, hélas, à quoi s’attendre. La troupe de Montbazens éminemment sympathique mérite de doubles félicitations : pour leur aisance et leur prestation certes mais aussi pour nous avoir évité le pire. Même Christine Boutin,  gay friendly comme on sait, ne pourrait cautionner une telle « comédie », seul un plumeau arc en ciel …

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