Brio de printemps

Soirée éclectique que celle proposée conjointement par la Mission départementale de la Culture et l’Institut d’Etudes Occitanes sur la scène de la Maison des Jeunes de Rodez en ce dernier weekend d’avril. Déjà, c’était plutôt osé que d’avoir choisi une date en pleines vacances scolaires, qui plus est pour un spectacle à double entrée, heureusement le public avait répondu présent.                                                                                                                          téléchargement (1)En première partie, Arnaud Cance que l’on peut apprécier  par ailleurs au sein du Groupe du Coin qui cette fois était venu en solo pour réinterpréter à sa façon  diverses chansons du répertoire occitan. Du traditionnel y compris le côté médiéval – preux chevaliers, jeune fille en fleurs et autres -, son versant rural passéiste – bergère et moutons -, et autres comptines du Limousin, mais surtout, beaucoup plus intéressant, des variations audacieuses autour de Marty, Lluis Llach, ou Brassens. Il s’autorisait même d’excellentes digressions en castillan pour un hommage aux mineurs des Asturies réprimés par Franco ou du côté d’un forro brésilien tout de soleil et de langueur.                                                                                                                                       téléchargementChangement complet de registre ensuite avec les Violons Danseurs, un duo bourré d’énergie qui carbure à l’humour, à la poésie et à la légèreté, le genre de spectacle qui dépoussière à jamais l’image de cet instrument trop souvent associé au concert classique, décorum et smoking compris. Là on est dans la droite veine du Quatuor, c’est-à-dire toutes les fantaisies sont permises, les clins d’œil malicieux nécessaires et l’espièglerie indispensable. Pantalons blancs et  tops noirs, les deux artistes, Virginie Basset et Gabriel Lenoir entraînent les spectateurs dans leur univers tout d’impertinence feutrée et de complicité contagieuse. Ils se cherchent, se poursuivent, se défient ou se toisent pour mieux se répondre, se mêler et se fondre. Ils peuvent aussi bien jouer sur leur instrument que sur celui du partenaire, de la main droite ou de la gauche, en dansant ou en valsant, se provoquer derrière un paravent, etc … Imagination et folie douce en bandoulière, ils passent d’une crouzade du terroir à des envolées tziganes, de rythmes jazzy à des accents plus folk, de mélopées plus suaves à des cadences diaboliques avec la même aisance et la même décontraction. C’est frais et revigorant, aussi gouleyant que corsé, pour  un spectacle tout en nuances, panache et harmonie qui se déguste avec bonheur. Une soirée des plus réussies.

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