Viver no Brasil

imagesC’est un film qui est sorti sur les écrans en 2009 en France et deux ans plus tard au Brésil, lequel  qui fait partie d’un triptyque de trois documentaires tournés par un couple de réalisateurs, Jean- Pierre Duret, savoyard d’origine a longtemps travaillé comme ingénieur du son auprès de Pialat, Wajda ou les frères Dardenne , elle Andrea Santana brésilienne du Nordeste, est architecte et urbaniste de formation. « Puisque nous sommes nés » est le dernier opus de leur série après « Romances de terres et d’eau » en 2001 suivi par « Le rêve de Sao Paolo » en 2005. Ils ont posé leurs caméras pendant six mois dans une station-service de ce Nordeste,  état du Pernambouc. Là se croisent des cars de touristes en partance ou des camions rutilants qui font du long cours, mais c’est là surtout que se retrouvent les deux personnages principaux du film : deux adolescents Cocada et Nego 15 et 14 ans. Tous deux orphelins vivent dans des conditions terribles, mendiant ici quelques pièces  grappillant là quelques restes de repas pour ne pas passer un jour de plus le ventre tenaillé par la faim. L’un se rêve camionneur pour quitter son quotidien effrayant, squattant  la nuit la cabine d’un de ces monstres de la route et survivant le jour en rendant quelques services. L’autre vit dans une bicoque misérable avec ses très nombreux frères et sœurs, dans une favela à la lisière de la ville, des champs écrasés par le soleil où il sert de berger pour une dizaine de chèvres ou mène quelques porcs se nourrir sur une décharge de détritus à ciel ouvert. Chaque instant de leur vie devient un défi à relever, travailler pour quasiment rien est leur lot quotidien. En écho à ces existences sans espoir se déroule en parallèle la campagne de Lula pour sa réélection à la présidence de la république. Bien que celui-ci évoque sa propre trajectoire tout aussi difficile, ces deux mondes ne se côtoient jamais… C’est dire si ce film poignant de bout en bout interroge tous azimuts sur le pouvoir du politique notamment ou  le fossé qui se creuse entre le combat pour la survie des exclus et les ambitions même volontaristes des puissants. On ne ressort pas indemne de ce voyage dans les coulisses du Brésil actuel, loin du coté glamour, Coupe du Monde de foot, J.O. et autre miracle économique que certains médias essaient d’imposer. Pudique et sensible, filmé au plus près de l’humain, tel se présente ce documentaire produit notamment par Jamel Debbouze qui était projeté à la médiathèque de Rodez dans le cadre des portraits d’adolescents.                                                     À emprunter sans modération.                                                         

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