Mektoub

téléchargementSpectacle insolite voire un peu énigmatique que la dernière soirée en date proposée à La M.J.C. de Rodez. Un spectacle intitulé «  les chants du signe » où la calligraphie arabe fait écho aux chants des troubadours en occitan. Sur scène, Maurice Moncozet, fondateur de l’ensemble La Rosa salvatja, au chant à la flûte ou au saz, un luth à long manche. Il est accompagné par Fady Zakar, musicien d’origine libanaise et algérienne, nourri de musiques venues d’un peu partout avec une prédilection pour celle d’Inde, du Moyen-Orient, de polyrythmies mandingues ou gnawas, qui lui joue aussi bien du  dotar, un autre genre de luth, de l’algoza, flute double,  ou du bendir , tambourin à large diamètre. A leurs côtés, dans un registre totalement diffèrent, Ahmed al Mansi accroupi à même le sol qui, avec des calames, des stylets ou des pinceaux, illustre ce voyage trait d’union entre Orient et Occident. C’est l’époque du fin amor triomphant que l’on propage  de châteaux en châteaux, version oc de l’amour courtois et les Sarrazins, certes repoussés à Poitiers, ont construit le magnifique palais de l’Alhambra à Grenade. Voilà pour le contexte historique. Ce spectacle explore les relations complexes qui se sont tissées à l’époque médiévale entre des univers et des cultures venus  des deux rives de la Méditerranée. Au départ très différentes, ces civilisations se sont ensuite progressivement, lentement, au fil des siècles, imbriquées les unes aux autres. Ce sont ces interconnexions aussi complexes que subtiles, que ce spectacle pluriel essaie d’appréhender. Les motifs des dessins où les pleins et les déliés sont comme le yin et le yang d’une écriture sacrée évoquent aussi bien les versets du Coran que les enluminures du Moyen-âge. Tracés en direct et projetés via une caméra sur un écran en fond de scène, les estampes se succèdent et répondent aux sonorités exotiques. Bercés par les mélodies psalmodiées ou les textes déclamés, les spectateurs s’installent dans  une atmosphère à la fois cotonneuse et surprenante. D’austère, le concert devient  au choix, envoûtant ou initiatique, mystérieux ou lancinant, entre recueillement, méditation et indolence.                                                              Un spectacle qui aurait surement eu beaucoup plus d’audience dans le cadre de l’Estivada, tant il résume combien la culture occitane s’étendait largement en ce temps-là.                                         

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Un commentaire pour Mektoub

  1. Encore un super article! Je lis de plus en plus les articles de ton blog… ils sont top! bravo et bonne continuation. Slevin

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