Corsu appassionamente

 

images (1)Dix ans depuis leur dernier passage à Rodez. Même salle à guichets fermés, l’Amphithéâtre, mêmes frissons, même communion. Les années passent, les albums se suivent, et toujours la même passion, un public subjugué par un groupe qui respire simplicité et authenticité. D’abord, dans le hall, un stand du Mouvement pour une Alternative Non-violente, puis sur le siège de chaque spectateur une feuille  de l’association pour une Fondation de Corse qui explique les chantiers qu’elle soutient : environnement, solidarité, culture etc… tout pour rendre le public encore plus sensible aux thèmes chers à I Muvrini. Puis en prologue, en langue corse, bien sûr, projetées sur un écran en fond de scène, quelques phrases empruntées au Petit Prince de Saint-Exupéry  sur la tolérance ou le respect… la partie est déjà gagnée. C’est alors que Jean-François Bernardini, le leader du groupe avec sa voix profonde et son timbre si particulier commence à chanter. Et la magie opère. Les polyphonies enflent comme une succession de vagues puissantes qui font chavirer les cœurs et les âmes. Presque exclusivement en langue corse évidemment, cette langue que l’Unesco a classée «  potentiellement en danger » car le nombre de locuteurs s’amenuise dangereusement, mais aussi avec des détours en français, en anglais, en basque voire en baoulé de Côte d’ivoire, c’est à un voyage humaniste que l’on est convié, emporté par des sonorités étonnamment riches et variées. La cornemuse côtoie l’accordéon, la cithare fait écho au djembé… Des images absolument poignantes de paysans en lutte, de populations Kichwa d’Amazonie qui se battent pour leur survie, d’icônes telles Gandhi, Martin Luther King ou Ang San Suu Kyi, des textes qui mettent à l’honneur détermination et engagement, éco-responsabilité et fraternité , générosité et ouverture aux autres, c’est ainsi que ce spectacle se déroule et enveloppe de sérénité et d’ intelligence, « de richesse spirituelle » ce récital incroyable qui n’en finit pas pour le plus grand bonheur de tous. Une reprise mémorable d’Amsterdam, un blues douloureux, les morceaux de bravoure  se multiplient… plus de deux heures et demie d’émotions qui affleurent, de souvenirs à partager, d’espoirs à construire. Attachement à sa terre et citoyenneté, diversité qui enrichit et unité qui rassemble, le public enthousiaste, voire presque en transes, reprend volontiers entre murmures et admiration, un refrain ici, quelques paroles là, pour ce qui ressemble de plus en plus à un meeting de l’humain d’abord. C’est comme un mix de l’esprit protest songs des seventies et de ferveur quasi religieuse où chacun serait en phase. La salle retient son souffle. De mémoire, jamais vu autant de rappels, d’applaudissements en cascades, de standing ovations encore et encore, pour ce qui restera un concert d’anthologie.                                           Un des meilleurs depuis longtemps.                                                            

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Un commentaire pour Corsu appassionamente

  1. Domiar dit :

    Merci de citer aussi la voix sans égale d ‘Alain—-

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