C’est dans leurs cordes

©Amélie Tcherniak_Quatuor Cambini_4_HD-1 Un décor improbable, un édifice bien intégré dans le paysage au milieu de nulle part, bienvenue dans l’église romane minuscule de Saint-Pierre de Bessuéjouls où une centaine de happy few se pressent pour venir écouter le quatuor à cordes Cambini-Paris, lequel fait halte pour une série de concerts dans le département à l’initiative de l’Association pour la Renaissance du Vieux Palais d’Espalion. Quatre jeunes instrumentistes talentueux et passionnés issus des meilleures formations baroques ou classiques qui présentent un concert tout de fantaisie et de fougue aussi bien autour de Mozart que de compositeurs français tombés dans l’oubli. En ouverture, le premier des quatuors dédiés à son ami Haydn, tout en volupté et en grâce, où les cordes se déploient en légèreté, fraîcheur et flamboyance. C’est enlevé et primesautier, irrévérencieux et espiègle, et on sent toute la complicité des musiciens qui rivalisent de virtuosité et de panache. Place ensuite à Théodore Gouvy, compositeur lorrain du XIXème siècle que sa région natale essaie de sortir de l’oubli, avec davantage de succès en Allemagne, d’après les explications des instrumentistes eux-mêmes, lesquels proposaient un quatuor effréné et impétueux qui mêlait gravité et brio, exubérance et émotion. Concentration extrême, gestes précis et les archets vibrionnent et s’ébattent, c’est juste aussi spectaculaire que délicieux. Pour terminer ce fut une œuvre inachevée en un seul mouvement de Félicien David auteur contemporain du précèdent.  «  Que n’est-il mort plus tard ? »  lançait ainsi avec humour l’un des instrumentistes de l’ensemble, lequel revenait ensuite bien volontiers  « histoire de faire taire les frustrations éventuelles » et offrait un autre extrait du même compositeur.  Et comme les spectateurs sous le charme ne ménageaient pas leurs applaudissements,  petit bonheur supplémentaire, on eut aussi droit à  une très brève cavatine retrouvée dans les archives de la bibliothèque nationale d’un dénommé Marie Alexis Castillon de Saint Victor disparu très jeune à moins de 35 ans. Un concert très intimiste à savourer sur le grand Rodez dès ce  mardi 20 heures 45 à la grange de Floyrac.                                                                                                                        Prochains rendez-vous début mars avec en tournée Marie-Josèphe Jude et Jean-François Heisser aux pianos autour de Berlioz et Debussy entre autres.

                                                         

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