Benoît 17

                           

images (2)Il s’appelle Benoît ou plutôt Jean-Benoît de son prénom complet et il a 17 ans, l’âge ado par excellence, l’âge où l’on se cherche, l’âge des doutes, des hésitations ou des allers-retours, un pied dans le monde des adultes, un autre dans celui de l’’enfance. Ce film « 17 ans »  de Didier Nion projeté hier à la médiathèque de Rodez inaugurait un cycle de trois  documentaires regroupés sous le titre « Vis et deviens ! Portraits d’adolescents », une série diffusée jusqu’en avril un jeudi par mois. On y suit le parcours très chaotique d’un jeune apprenti mécanicien  poids-lourds sur une période de deux ans, deux ans pour préparer un BEP mais aussi deux ans pour s’affranchir d’une histoire familiale personnelle, lourde et pesante : une mère qui travaille de nuit et ne s’en préoccupe guère, un père définitivement  parti… Seule sa petite amie Hélèna beaucoup plus mûre et déterminée  le soutient vaille que vaille. Des plages de Normandie aux falaises un peu menaçantes en foyer de l’enfance, de l’atelier garage au lycée professionnel, c’est au plus proche de son intimité que le réalisateur s’attache  pour faire sourdre les non-dits, les silences éloquents ou les paroles exubérantes qui cachent malaise et pudeur . En parallèle au démontage et assemblage d’un moteur, c’est sa propre histoire que le héros arrive à déconstruire pour mieux se reconstruire, comme un puzzle éparpillé, pièce après pièce, patiemment, pour se donner des raisons d’avancer, d’espérer et de progresser. D’un background éminemment complexe et douloureux, il parvient à s’extraire, non sans mal, pour aller de l’avant avec courage, et échafauder un avenir encore très incertain…         C’est dire si ce film se révèle âpre et intense, implacablement rigoureux, rythmé par les plans serrés sur les visages si expressifs des protagonistes … À l’issue de la séance, Diane Dègles chargée de projet pour Mondes et Multitudes, une association domiciliée dans le vallon, laquelle œuvre depuis plusieurs années pour promouvoir le cinéma en milieu rural, animait avec aisance, compétence et sensibilité un débat captivant.                                       Ce long métrage  sera également et  gratuitement à l’affiche de la médiathèque de Luc-Primaube, le vendredi 5 avril prochain à 19 heures 30, présenté par  la même intervenante.

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