Wanted

téléchargement (5) L’histoire est on ne peut plus limpide pour ne pas dire minimaliste : un shérif à l’ancienne débarque dans une  petite ville de l’Ouest, affublé d’un naïf qui ne rêve que grands espaces, desperados, diligences, canyons sauvages et tribus emplumées, et se retrouve très vite confronté à quelques spécimens de la population locale hauts en couleurs: le  malfrat fort en gueule, l’institutrice pulpeuse à souhait et la danseuse de cabaret pas farouche… On pourrait croire le scénario d’un de ces vieux westerns d’antan qui faisait les beaux jours de la télé en noir et blanc, quelque part entre John Ford à Monument Valley ou Sergio Leone et ses décors de Cinecittà. Il y a effectivement un peu de cela dans la pièce « Hors-la-loi» de Régis Duqué présenté par le Théâtre des Chardons une troupe belge qui joue délicieusement de l’anachronisme et de la nostalgie. Une estrade en bois, une balustrade, des chaises et un rocking-chair de bon aloi, bienvenu sur le décor unique qui devient tout à tour saloon, prison, et tout autre lieu mythique de tout western qui se respecte… sauf que humour en bandoulière voire fou rire étouffé, c’est plutôt du côté de la bande dessinée de notre enfance qu’il faut s’aventurer. On retrouve l’ambiance bon enfant parodique et décalée  de Lucky Luke affrontant  Joë Dalton, d’un BlueBerry un tantinet taciturne ou d’une Calamity Jane désabusée. Une guitare un peu mélancolique, quelques pas de danse qui fleurent bon le country et des accents d’une musique lancinante que n’aurait pas reniés Ennio Morricone lui-même, installent définitivement cette ambiance complétement intemporelle et que l’on sait à jamais disparue. Il ne manque ni stetsons légendaires, ni santiags bien pointues, ni ceinturons rutilants, ni étoile imposante sur la poitrine du gardien de la loi pour rendre cette illusion palpable l’espace d’une heure et demie. Juste ce qu’il faut pour faire de ce spectacle un moment aussi agréable que léger, une parenthèse sucrée et enchantée qui tient autant de la madeleine de Proust que de souvenirs espiègles, du temps où les cowboys et les indiens d’antan  rivalisaient inlassablement …

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