Quentin déchaîné

imagesNous sommes dans le sud profond : le Texas esclavagiste d’avant la guerre de Sécession. C’est là que surgit un dandy arracheur de dents  reconverti en chasseur de primes, lequel va affranchir pour les besoins de sa cause, un prisonnier noir qui, en échange, l’aidera à identifier des gibiers de potence aux trousses desquels il court en vain. Et tous deux de s’engager dans des règlements de comptes de plus en plus rentables jusqu’à un final tout en rebondissements qui s’achève en explosion délirante de violence et d’humour. En effet nous sommes chez Quentin Tarantino, lequel au passage s’est offert un petit rôle genre Hitchcock, et nous propose avec « Django unchained »  sa vison déjantée de cette époque toute en costumes flamboyants, avec propriétaires de plantations tirés à quatre épingles, crinolines et luxe tape à l’œil, et en parallèle, la misère étouffante et les sévices abominables infligés aux populations noires. Les négriers sont sadiques à souhait, leurs hommes de main ont des trognes épouvantables, le chasseur de primes roublard est doté d’une spiritualité délicieusement narquoise, le nouvel affranchi se révolte à bon escient et poursuit inlassablement sa quête d’amour éperdu pour sa belle, pour laquelle il remuera ciel et terre. C’est dire si les personnages sont bien campés, entre douce caricature et références évidentes aux modèles du western y compris dans sa version spaghetti clinquante. Sauf que le réalisateur nous en présente sa lecture réjouissante et iconoclaste, pétrie d’humour et de violence crescendo, les ingrédients qu’il affectionne, jusqu’à la scène finale qui remet toute l’histoire en perspective avec sa dose maximale d’hémoglobine, de feu et de violence purificatrices pour enrober de dérision et d’ironie une histoire kistch et parodique. Leonardo Di Caprio compose  un effrayant propriétaire terrien aussi pervers que  mielleux, et le face à face avec Christoph Waltz le dentiste reconverti en auxiliaire de justice mais surtout tueur émérite avide d’argent , et Jamie Foxx, lequel symbolise la justice enfin rendue aux humbles et aux victimes du racisme, est le  moment clé du film. Si l’on ajoute à cela une bande musicale brillante d’hommages et d’ironies, une caméra virtuose et une mise en scène toute en fluidité et en malice, ce film de Tarantino ne déçoit pas. Il est à la hauteur des précédents, une vraie réussite qui revisite avec brio et un soupçon de nostalgie diabolique un genre mythique fondateur d’Hollywood, lequel avait un peu disparu des écrans.

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