Étoiles mystérieuses

images (4)C’était donc hier soir avec «La Constellation consternée »  le premier opus du triptyque de danse proposée cet hiver à la Maison des Jeunes de Rodez. Une chorégraphie multiforme de Thomas Lebrun du Centre chorégraphique national de Tours, laquelle se décline en cinq tableaux, tantôt en solo, tantôt en duo voire en quintette sur un espace sans aucun décor si ce n’est un  spot haut placé à luminescence variable qui symbolise un astre ou un soleil fantasque autour duquel se mouvoir, se déplacer ou se mettre en orbite. Un peu comme une pièce classique, le premier acte s’ouvre sur une musique crescendo obsédante et traque ainsi une danseuse qui passe d’un état fœtal à la nécessaire affirmation de soi, après une longue séquence de métamorphose, pour, in fine, devenir chrysalide et grandir. Le second acte voit un danseur, lui aussi en solo, terminer son évolution dans une pose quasi-christique, sautillant bras en croix de plus en plus haut,  jusqu’à ce qu’on suppose l’élévation finale, l’ascension suprême, le nirvana. Le duo qui suit, sur une musique qui crépite comme un feu bien entretenu, multiple les attitudes figées et syncopées, comme des arrêts sur images, pour étirer le temps et ouvrir toujours plus d’interprétation possible sur la rencontre ou le défi,  l’harmonie ou la dissonance, la symbiose ou la différence, c’est aussi fascinant que lancinant, et les évolutions reflètent un double sentiment, celui de  puissance et d’incommunicabilité. La quintette à suivre alterne beaucoup d’appuis au sol comme pour  invoquer des forces telluriques irrépressibles et des postures étrangement robotisées, les visages fermés et une gestuelle décomposée à loisir, comme dans une quête énigmatique et indicible, les bras souvent tendus recherchant une issue improbable. Quant au final, par une sylphide toute de noir vêtue, par des convulsions presque névrotiques et sur une bande son qui explose jusqu’au paroxysme, elle défie les forces des ténèbres, le cauchemar latent jusqu’à se recroqueviller comme un embryon compact devenu indestructible…                                                                                                                                     Ce spectacle très ambitieux laisse un sentiment bizarre, une construction résolument intellectuelle qui veut brasser large, une esthétique sophistiquée et des pas de danse  limite ésotériques  pour un ressenti entre mysticisme initiatique et narcissisme envahissant.                                                                                                                           

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