M’enfin…

téléchargement (1)Ils étaient déjà venus à la M.J.C. de Rodez  il y a deux ans pour présenter « Slips inside », un spectacle clownesque et acrobatique qui avait mis les zygomatiques à rude épreuve. Ils sont de  retour avec « Ha Ha Ha » un spectacle qui tourne depuis  plus dix ans. Ils, ce sont deux  copains, Xavier Bouvier et Benoît Devos, 24 ans de pitreries communes au compteur, qui ont fait leurs gammes au Cirque du Soleil notamment, avant de voler de leurs propres ailes et d’accumuler les distinctions de festivals en festivals. Okidok, un duo belge qui n’hésite pas à venir se produire en France à l’heure où l’exode artistique se fait plutôt dans l’autre sens pour raison fiscale, c’est à souligner.                                                                                                                                    Étrangement accoutrés de chemises de nuit sans âge, savates sur-dimensionnées aux pieds et maquillages blafards qui mangent le visage, ils déboulent sur scène sans un mot.   Onomatopées et borborygmes pour se jauger, se toiser, se taquiner ou s’apprivoiser, et les situations s’enchaînent entre nonsense et absurde sauf que là ça se traîne et qu’on a du mal à adhérer. Il faudra attendre que des accessoires providentiels tombés du ciel comme un ballon, une carotte rebelle, des cartons d’emballage récalcitrants à l’empilage, une porte indomptable, des barrières de parc pour enfants  et surtout un chapiteau comme une yourte lilliputienne avec sa coupole étoilée, pour retrouver poésie, fraîcheur et enthousiasme. Autant la fin respire l’humour, la complicité, la franche rigolade même, autant le début est plus laborieux, sentiment peut être renforcé par le fait que de très nombreux enfants étaient présents dans la salle, proximité de Noël oblige, et, parasitaient par leurs réflexions ou rires intempestifs des échanges davantage visuels qui explorent les limites de l’âme humaine. Ces mimiques, exclamations, contorsions, un côté De Funès sous acide, peuvent aussi bien séduire qu’irriter. Certains gags sont fulgurants, d’autres moins et laissent une impression mi-figue, mi-raisin, d’un spectacle moins abouti que le précédent. Mais se quitter, dans une atmosphère boite de nuit autour d’une boule à facettes qui brille de malice est une façon ironique et légère de conjurer la fin du monde imminente pour le plus grand plaisir de tous.

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