Flûtes en farandole pour pièce montée

téléchargementDisons le tout de suite, le concert de samedi fut en tout point remarquable… il était temps, car depuis des mois, tout se délitait au Conservatoire de Musique. D’abord le lieu, l’Auditorium Sainte Catherine remplace très très avantageusement la Chapelle Royale, tant pour l’acoustique que pour le confort des fauteuils, ensuite le programme « La Flûte Enfantée »  un opéra tout de fantaisies pour classes de flûtes de Claude-Henry Joubert qui brille d’ingéniosité subtile. L’argument est des plus simples, un orchestre prêt à répéter s’insurge rapidement devant les propositions de son chef, et propose tout de go de composer lui-même son propre répertoire. Aussitôt dit, aussitôt fait, et chacun de laisser vagabonder son humeur ou ses frasques, sa verve ou son inspiration, ce qui se traduit par une suite de tableaux sonores plus inventifs et séduisants les uns que les autres. De concerto tout en arpèges en tripatouillages informatiques, de grille jazzy en cavalcade échevelée, de digressions grégoriennes en chanson réaliste, de mélodies sirupeuses en envolées lyriques, de frasques médiévales en symphonie approximative, de tango en sardane, c’est une explosion de folies douces et de malices contagieuses. Et pour faire bonne mesure, on croise aussi bien Vivaldi que Schubert, un clone capricieux d’Amadeus lui-même que des spectres vaporeux, un machissime hidalgo en goguette que des moines, robes de bure et dévotion, hantant silencieusement l’abbaye de Conques,  Rabelais ou Gargantua, un sanglier très gaulois que des friandises de bon aloi, tout concourt à faire de ce spectacle très intelligemment mis en scène, une réussite exemplaire. Difficile de mettre en valeur plutôt tel ou tel parmi la cinquantaine d’interprètes qui rivalisent de fraicheur candide  et de fougue délurée, mais il faut souligner le travail incroyable accompli en amont par les deux professeurs sur qui  tout repose, Fabienne Landes et Ann Conoir, laquelle, à la baguette, est absolument délicieuse dans le rôle du chef, tantôt dépassé, tantôt exubérant, mais toujours complice.     Ce spectacle pétri d’humour pétille comme les bulles d’un champagne grand cru et se savoure lentement. Il sera redonné le 19 janvier en soirée à Rignac, il faut s’y précipiter de toute urgence.                                                                                                                    

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Un commentaire pour Flûtes en farandole pour pièce montée

  1. Fabienne Landès dit :

    Au nom de l’ensemble de l’équipe pédagogique, technique et artistique de « la Flûte enfantée », nous tenons à vous faire part de notre émotion à la lecture de votre article, qui nous rassure et nous conforte quant à la qualité de ce spectacle.
    Certes, nous ne sommes pas « les meilleurs », mais l’investissement de tous (petits et grands), l’envie de mener à bien ce projet « contre vents et marées… », la capacité de concentration et de dépassement des élèves, le partage et la complicité avec le public, nous permettront, nous l’espérons, de reconduire ce genre d’aventure.
    Merci de votre sincérité, et de défendre ainsi, avec nous, le maintien en Aveyron d’un certain nombre de valeurs (chères à nos yeux) pédagogiques, musicales, artistiques et humaines.
    « La Musique doit humblement chercher à faire plaisir »
    Bien à vous.

    Fabienne et Didier Landès, Ann Conoir.

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