Loveprem@girly.F

images (5)C’est à partir d’un collectage de témoignages anonymes réunis notamment par un appel sur Internet puis la fréquentation de certains forums branchés, eux-aussi consacrés à la première fois, que la jeune compagnie aveyronnaise, Les Animaux du Zoo, a voulu illustrer cette expérience de la relation sexuelle fondatrice, celle qui marque un jalon et fait franchir une étape irréversible, ce passage à l’acte entre enfance et âge adulte. Avec son nouveau spectacle intitulé «  Le petit chaton rouge » de double transparence, le conte évidemment complètement explosé avec le loup et la petite fille beaucoup plus complexes et ambigus dans leurs relations que ce que l’on a longtemps voulu imposer comme seule lecture, mais aussi en parallèle l’angoisse côté féminin de s’offrir, s’abandonner ou partager ce moment clé, avec qui, comment, pourquoi etc… se pose cette problématique initiatique entre doute et engagement, expérience qui se confronte avec les icones de Cendrillon, Blanche Neige ou la Belle au bois dormant que l’on croise aussi, lesquelles sont  définies comme « des demeurées en attente du Prince Charmant ». C’est dire si le discours est riche, subtil, tendu et aussi militant en ce sens qu’il responsabilise sans juger ni stigmatiser. Le fossé voire le gouffre de perception entre les ados, d’aujourd’hui, « les sentiments, c’est pas obligatoire » et leurs parents, voire les générations précédentes est présent dans les repères temporels qui rythment le spectacle notamment les chansons, mais le message d’universalité demeure, l’intime se nourrit d’émotionnel et de charnel. Se travestir pour s’exprimer, faire surgir de chacun ses versants féminins et masculins pour mieux les assumer, l’omniprésence de la couleur rouge, perruque, bottes, robe,  cape, lunettes, lumières, etc. … autant d’idées de  mise en scène pour insister sur la complémentarité plus que la rivalité. Un décor épuré avec une forêt en vidéo presque anecdotique, des images figées de couples d’antan qui contraste  avec l’énergie, l’enthousiasme des djeuns,  non pas plus à l’aise certes, fussent-ils abrités derrière un langage plus cru, mais plus conscients du Sida ou de la nécessaire égalité des sexes… tout cela fait de ce spectacle en perpétuelle régénérescence, car les témoignages de la fin évoluent constamment, un ovni de sensualité et de grâce. En apesanteur, toujours hésitant entre ferveur et frousse, frémissement et fantasme, frivolité et fatalisme, fraîcheur et féminité, une tentative toute de pudeur de définition de l’identité ni bimbo, ni coincée, ni castratrice, ni victime, comme on en a rarement vu.                                          Un grand bravo aux deux interprètes et  José-Antonio Pereira et Sonia Codhant, aussi à l’écriture et à la mise en scène de ces tranches de vie. On attend avec impatience le volet masculin tant il est clair que « le premier rapport sexuel imprègne la mémoire des filles comme celle des garçons. » Spectacle à revoir mardi 29 et mercredi 30 janvier 20 h 45 à Millau à la Maison du Peuple.                                                

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