Vingt ans après

téléchargement (7)L’Association Rouergue–Pigüe ne manque jamais une occasion de rappeler combien célébrer l’Argentine tient une place singulière dans le cœur des aveyronnais. C’est donc en partenariat avec elle que la Maison des Jeunes de Rodez accueillait samedi soir Sergio Piterbarg et l’ensemble vocal instrumental Xinum pour « un punado de esplin », une ballade intitulée « Autour d’Astor Piazzola » à l’occasion du XXème anniversaire de sa disparition, un concert original autour des œuvres du maître bien sûr, mais aussi de certains de ses compositeurs préférés et en particulier Bela Bartók. Des musiques traditionnelles sur des textes de son ami poète Horacio Ferrer avec qui il a écrit quelques-unes des plus belles pages du répertoire du nuevo tango,  mais aussi des envolées plus saccadées sur des rythmes en rupture de ton, c’est donc un concert aussi déroutant qu’hétéroclite qui était à l’affiche. Le son d’un accordéon mélancolique, les cordes toutes de sensibilité d’un quintet, un piano tout en élégance, un chœur d’une trentaine de membres et un chanteur ténébreux à souhait, gomina dans les cheveux, l’œil enjôleur et la voix veloutée de l’hidalgo séducteur, voilà pour le décor. On voyagera ainsi de tangos fiévreux et languissants en rythmiques alternatives, d’une Argentine idéalisée et éternelle vers une musique plus moderne et déstructurée, ce qui donne à entendre des sonorités qui s’interpellent ou se toisent, se répondent ou se défient, cela renvoie au double rôle, à la fois chef d’orchestre très théâtral et chanteur à la voix chaude et profonde, pour le directeur de l’ensemble. Complémentaire pour certains, anachronique pour d’autres, on ressort de ce spectacle un peu dubitatif et circonspect, d’autant plus que sans micro, des intonations, des murmures, des mots même, nous ont échappé. Ni tout à fait sous le charme, ni totalement envoûté,  à regrets, on reste un peu sur sa faim, écartelé entre un ailleurs fantasmé et un ici plus prosaïque. Parfois trop de respect et de retenue installent trop de distance…

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Un commentaire pour Vingt ans après

  1. ACETI G. dit :

    J’ai attendu en vain un bandonéon, j’ai été déçue dommage car l’orchestre, les choeurs, les voix étaient très bien.

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