Livret de famille

téléchargement (12)Coup de chapeau à la médiathèque de Rodez pour le film projeté hier dans la grande salle et conclure ainsi en beauté ce mois de novembre du film documentaire. Au programme et en version originale qui plus est, coproduit entre autre par  la région Midi Pyrénées, « Il y aura tout le monde » de Maria Isabel Ospina, laquelle était présente dans la salle pour échanger ensuite avec le public. Cette jeune réalisatrice colombienne a choisi le prisme de l’histoire de sa proche famille pour livrer une autopsie de la société de son pays dévastée collatéralement par la crise économique depuis les années 2000. Une famille plutôt aisée, grande maison, deux voitures, des vacances et autres petits plaisirs de la vie, et puis ce séisme qui emporte tout. Famille disloquée, beaucoup tentent leur chance ailleurs : USA, France, Espagne, n’importe où tant qu’il reste  un petit espoir fut- il insensé. Nous sommes à Cali, la troisième ville du pays, dont l’économie est narco-dépendante du cartel de la drogue, et où, en quelques années donc, tout va  s’effondrer, les jeunes ou les plus téméraires n’ont que le choix de l’exil, les plus anciens se débattent dans la précarité…                                                                                                Et, lentement, modestement, avec beaucoup de tendresse et de respect, la réalisatrice, d’interroger chaque membre de sa famille sur sa vie actuelle, ses rêves ou ses angoisses, ses espoirs trop souvent déçus ou ses inquiétudes au quotidien. C’est effroyablement poignant, car il n’y a plus grand-chose en commun entre la grand-mère qui perd peu à  peu tout repère, la génération suivante qui survit tant bien que mal au pays ou a réussi le grand saut de l’émigration, voire les petits enfants, chicanos assumés qui vont à l’école à Miami ou Los Angeles. Au-delà d’une histoire personnelle faite de ces portraits émouvants, elle réussit à brosser un instantané sensible et percutant qui donne à voir derrière les données statistiques froides, des individus de chair et de sentiments, clairement identifiés, des êtres humains qui résistent à la violence économique.                                                                         Terminer ce film sur l’incertitude du lendemain est l’élégance ultime  d’un documentaire aussi intelligent que pudique.                                                                                                                                              

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