Flagrant délit d’impostures

images (6)Le spectacle s’ouvre sur une imitation de DSK et son cortège d’allusions aussi graveleuses que prévisibles, le ton est donné d’emblée, ce sera coups au-dessous de la ceinture et autres pitreries pitoyables. Quel dommage, car Patrick Sébastien a de réels talents d’imitateurs, les voix ou les mimiques sont bien rendues, quelques accessoires, chapeau, perruque, lunettes, masques au besoin, lui suffisent pour camper en quelques secondes tel ou tel, avec le résultat que l’on connait et que l’on est en droit d’attendre. Mais hélas pour cette tournée d’adieux, la dernière espérons, intitulée « Imitations et confidences »,  il a fait le choix de la facilité, celle de caresser son public dans le sens du poil, de taper tous azimuts sur le fisc forcément, alors que l’impôt c’est authentiquement la base d’une société républicaine, l’Europe source de tous les maux, la grève nécessairement dans l’ADN de la SNCF ou d’Air France, l’écologie raillée pour tout et n’importe quoi, les politiques incapables, et j’en passe… C’est dire si c’est du lourd au sens premier, du nauséeux et du navrant, beaufitude et lieux communs, d’autant plus mielleux de perfidie induite que c’est distillé avec l’air de pas y toucher, par petites touches insidieuses qui se glissent au hasard d’un sketch ou d’une réflexion d’apparence anodine. Bien sûr, on relèvera qu’il y a quand même quelques moments qui surnagent comme par exemple, déclamée façon Depardieu Cyrano de Bergerac une tirade toute de dignité sur les difficultés des handicapés au quotidien, ou la résurrection de Coluche tout de générosité bourrue…ce qui rend d’autant plus insupportable le reste de l’ensemble du spectacle qui hésite trop souvent entre  ringardises et humour corrézien dans le mauvais sens du terme. Même l’artiste semble prendre conscience de ces limites quand, entre lucidité et auto-dérision, il reconnait faire reprendre par le public « des chansons à la con, des chansons de blaireau », de celles que n’excuse même pas une fin de banquet  trop arrosé. Un spectacle qui sent le rance et l’étriqué, où l’indigence le dispute au pathétique, au mieux nostalgique, au pire affligeant… Et, chose incroyable, il y a encore un public pour ce genre de pantalonnades poussiéreuses,  de cabotinages caricaturaux gluants de démagogie puisque de nombreux spectateurs monteront l’air ravi sur scène pour se trémousser au final avec l’artiste…  Vive l’insolence corrosive et l’humour ravageur des Guignols de Canal Plus.                                                                                                                       

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