Roms bien frappés

téléchargement (2)La Baleine quasi pleine, il a fallu deux mois pour voir pratiquement tous les fauteuils de cette belle salle occupés, enfin une bonne nouvelle, et qui plus est, tous ceux qui avaient poussé la porte hier en sont ressortis les yeux écarquillés et les oreilles encore vibrantes. Tous venaient d’assister, de s’ébrouer plutôt, dans  une folie sonore dévastatrice, la Fanfare Ciocàrlia venue de Roumanie, à l’apogée de son art, avait multiplié les envolées rageuses, les trémolos mélodiques et autres épopées tonitruantes débordantes d’énergie. Le look d’abord. Ils arrivent lentement, s’installant un à un, en fond des tubas et des cors, au premier rang, grosse caisse, saxos et trompettes, tous enserrés dans de grands manteaux noirs, un côté mafieux tout droit sorti des films de Scorsese ou Coppola, le feutre patibulaire vissé sur la tête, c’est presque une réunion au sommet de Cosa Nostra, mais, dès qu’ils saisissent leurs instruments, c’est un déluge de sonorités impétueuses, une cavalcade effrénée, ça tangue de toutes parts, entre rugissements plaintifs, nostalgie blessée et énergie survitaminée. Ils sont quelque part entre les brass band très british illustrées par le film les Virtuoses ou des mariachis chargés à la tequila, mais avec ce côté festif démoniaque si bien rendu par Emir Kusturica. Les musiciens individuellement ou ensemble rivalisent de dextérité lumineuse et de fantaisie frappadingue, c’est juste explosif autant que maitrisé, des vagues successives qui déferlent à l’infini emportant tout, une ambiance survoltée et carnavalesque marquée par des ruptures de ton, des accents  plus orientaux faisant écho à des rythmes plus jazzy, c’est proprement ébouriffant et le public ne se tient plus. Ce concert est un feu d’artifices qui brille de  mille feux, chaque cuivre exprime avec enthousiasme la passion latine enfiévrée, les nuances de la ferveur tzigane, un soupçon de  suavité slave ou la vitalité frénétique des Carpates hantées par Dracula lui-même, éperdument en quête de  sa dose vitale de musique palpitante à souhait. C’est avec le public debout et déchaîné, tapant en cadence des pieds et des mains, ondulant sous la houle qui gronde de plus en plus fort, que s’achèvera ce grand moment de convivialité partagée.                                                               Un spectacle endiablé et flamboyant.                                                                                                                                   

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