Ne pas se laisser abattre

téléchargement (2)C’est avec un documentaire édifiant que la médiathèque de Rodez débute ce mois de novembre 2012, mois du film documentaire, auquel elle participe depuis 13 ans déjà. Au programme « Entrée du personnel » de Manuela Frésil sur la vie des ouvriers des grands abattoirs industriels. Une plongée au cœur de ces chaînes où l’on coupe, tranche, dépèce, des animaux par milliers, volailles, bœufs, cochons…des tonnes et des tonnes de viande manipulées par des corps qui résistent tant bien que mal, souffrent et indubitablement finissent par se briser. Des employés courageux témoignent soit in situ, soit face caméra, de leurs conditions de vie proche de l’esclavage, où les cadences explosent toujours plus, la pression de l’encadrement se fait insidieuse, le chantage à la promotion devient régulateur des tensions sociales induites par le rythme éprouvant exigé, sans compter le bruit assourdissant des machines, les gestes répétitifs qui détruisent les articulations et plongent dans la douleur et la détresse. « On n’est pas des robots » explique une voix douce, mais l’engrenage se poursuit, accentué par la tension du chômage menaçant ou les emprunts de la maison à rembourser. À côté, « Les temps modernes » de Chaplin réalisé il y a presque 80 ans fait gentiment sourire, c’est dire la régression en termes de qualité de vie, et seuls charlottes obligatoires, casques anti-bruit sur les oreilles, ou chaussures de sécurité deviennent symboles de notre époque.    Le licenciement du délégué du personnel qui ne se laisse pas tordre, le refus de passer contremaître de celle qui ne veut pas imposer aux autres ce qu’elle sait insupportable, ou la liberté retrouvée de celui qui s’est reconverti dans les huîtres chez un copain patron-pêcheur, sont les seules notes d’espoir d’un film qui est un réquisitoire implacable et dénonce l’exploitation d’hommes broyés par la seule logique du profit immédiat, lequel imprime des dégâts irréversibles chez chacun. Cauchemars récurrents, arrêts maladie ou accidents du travail inévitables, autant de voie sans issue pour ceux qui deviennent  prisonniers et victimes de ces usines sur-dimensionnées  entre carcasses sanguinolentes ou chairs tranchées à vif, lesquelles finiront dans nos assiettes. Révoltant.                                                                                 Un film à devenir végétarien séance tenante.                                                                                             

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