L’Inde, pas à pas

imagesPour parachever cette première « Saison indienne en Aveyron », les organisateurs avaient vraiment bien fait les choses et mis les petits plats dans les grands. Tout d’abord un repas ayurvédique délicieux préparé par  les Chaudrons de Lili qui se composait d’un thali traditionnel végétarien, chapati, riz et dhal accompagnés d’un curry de légumes relevé juste comme il faut, avant de déguster un sambar tout de douceur. Service au top et dames en sari ou penjabi, tilak discret sur le front, c’était le décor idéal pour s’imprégner de l’atmosphère à venir.  Trois styles de danses indiennes traditionnelles, chacune très codifiée, mélange de sacré et de profane, avec une attention toute particulière à chaque geste, chaque détail, chaque délié… L’expression du visage, les mimiques et autres yeux qui roulent, les doigts en extension, et tant d’autres choses encore, inscrivent chaque instant entre fulgurance instantanée et référence éternelle. Une ouverture avec en solo Sanga Vovantao, des années de pratique de Bharatanatyam derrière lui pour cette danse originaire du  sud de l’Inde, mélange de chorégraphie et de théâtre pour illustrer différents épisodes de la vie de Shiva, divinité fondatrice hindou, toute d’ambivalence, androgyne parfois, positivant sa hardiesse destructrice pour créer d’autres possibles, toutes choses qu’il exprime avec énergie et puissance athlétique . Ce fut ensuite Bhabananda Barbayan, élevé dans un monastère de Majuli, province de l’Assam, qui se consacre à son art depuis l’âge de 5 ans et dont il est devenu un des plus grands maîtres se produisant régulièrement à l’étranger. Avec lui, c’est le style sattrya qui est à l’honneur, élégance et subtilité, gestuelle aussi précise qu’épurée, souplesse dans les déplacements conjuguée à la finesse de  l’interprétation, il nous convie pour une immersion spirituelle qui plonge au plus profond de l’intime, c’est tout de délicatesse et de  nuances. Mais le meilleur restait encore à venir avec Sujata Mohapatra, exceptionnelle de panache et de  grâce qui est une icône du  style odissi. C’est le nec plus ultra  non seulement dans son pays mais partout sur la planète dont elle écume les plus grandes scènes de Tokyo à Chicago ou Moscou. Magnifique dans son sari rose fuchsia, mains jointes, coiffe somptueuse, elle s’impose d’emblée par des postures extrêmement raffinées, des pas d’une fluidité parfaite  et un regard tout en malice joyeuse. C’est juste l’alliance parfaite d’une technique impeccable d’explosivité et d’une sincérité authentique pour partager bonheur et symbolique. Pour le final et pour le plus grand plaisir des spectateurs, on eut même droit à un final décomposé: tout d’abord le récit illustré image par image comme une planche de B.D., puis la même chose portée par la durée et la musique, devenue film d’animation particulièrement inspiré. Des poses dignes de vénérables statues, une coordination rare et un visage solaire, c’était juste d’une beauté incroyable.                                                                    Une très grande soirée, magnifique de bout en bout.                                                                                                                                           

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Un commentaire pour L’Inde, pas à pas

  1. Le Bail Simon dit :

    Merci, et heureuse d’avoir partagé ce grand moment avec vous !
    Laurence Le Bail Simon

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