Pépée et Mémé

 

téléchargement (3)Deux après-midis pour les scolaires et une soirée en famille, voilà ce qui était au menu de la Compagnie Louis Brouillard qui proposait « Le petit chaperon rouge » dans sa variante Joël Pommerat, laquelle est publiée chez Actes Sud-Papiers.  C’est le premier spectacle jeune public de cette  saison à la Maison des Jeunes de Rodez, qui, décidément, aime beaucoup ce conte populaire traditionnel puisque l’an dernier on avait eu droit à rien moins que deux variations, une chorégraphique sensuelle à souhait pour les jeunes, et une autre carrément trash pour adultes, toute de fureur et de sang. Cette histoire que tout le monde connait, est ici déclinée en version peur apprivoisée, du genre bénéfique et qui fait grandir. La petite fille ne s’aventure dans la forêt pour rendre visite à « la mère de sa mère » que pratiquement contrainte, car délaissée par une maman, modèle de business-woman surbookée, montée sur hauts talons qui martèlent le plancher. Sauf qu’il y a tout d’abord  un premier obstacle à franchir : savoir cuisiner, et donc corollaire implicite, début d’émancipation envers cette mère castratrice, le plus souvent absente voire pire, car dans le seul plaisir partagé, elle est celle qui fait peur et fascine à la fois, toute en tignasse volumineuse et attitudes équivoques. Par opposition, c’est un loup solitaire, tout miel et confidence, qui deviendra son compagnon de jeu, lui proposant de l’accompagner chez l’aïeule. De ce triangle d’affection déséquilibrée, l’auteur a su renouveler la problématique psychanalytique, en particulier lorsqu’il se joue tout à la fois de la distance générationnelle mais aussi de l’ambiguïté des sentiments, entre charme, désir et  magnétisme. Le loup, débarrassé de toute superficialité, n’apparait en pleine lumière qu’enveloppé d’un linceul, ce qui change radicalement le regard, et ôte à ce bestiaire son côté  inquiétant pour devenir quasi indispensable à la métamorphose future, laquelle se concrétisera in fine, avec un chaperon rouge déambulant fièrement dans un duffle-coat écarlate éblouissant.                                                                                                      La petite enfance  n’est plus, place à l’adolescence de tous les possibles.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s