Bouches en choeur

téléchargement (1)Deux parties très distinctes dans ce concert de Djazz comme on dit avec l’accent de  Toulouse. Tout d’abord « Les Grandes Bouches » un trio de voix accompagné par une contrebasse, un piano ou un clavier selon le cas, et une batterie. Un trio qui a du coffre et de la gnaque qu’il met au service de textes en français, et ça il faut le souligner, pour défendre des idées qui égratignent et fustigent volontiers les tartuffes et autres bien-pensants, symboles de notre monde trop assoupi. La version a capella d’un hymne à la paix contraste ainsi furieusement avec l’ironie douce-amère de la garden-party. D’acrobaties vocales en onomatopées modulées, de zlow en ballade, de romance en zwing, leur énergie ne fait aucun doute. Ils multiplient les effets de voix, sifflotant à l’occasion et s’offrant au passage quelques hommages bien sentis entre respect et  malice tant à Django qu’à Claude Nougaro avec « l’amour sourcier » qui ne manquent pas de peps. Bien sûr, il y eut les passages obligés, lesquels peuvent aussi être la plaie du jazz, à savoir le solo de chaque instrumentiste qui se doit ainsi d’exister sous les projecteurs, mais à dose suffisamment homéopathique pour ne pas rompre l’ambiance. Mais le meilleur restait à venir lorsque le groupe vocal du lycée Foch,  lequel répète régulièrement sous la direction de leur  prof Pascal Rabatti, fort de sa quinzaine de choristes dont un seul garçon l’œil espiègle au milieu de nymphettes plus craquantes les unes que les autres, s’installe sur la scène pour chanter avec ces musiciens  professionnels. Une occasion de  « frotter nos voix les unes aux autres,  les serrer comme des mains, les mélanger comme des corps » et alors le concert rebondit de plus belle. Ça pulse, ça pétille, ça gospelle, à qui mieux mieux pour offrir  de «  la musique colorée mais sans la délaver » et le public est conquis, lequel à la demande sera sollicité pour rajouter vocalises ou  battements en cadence. Habillés très smart, chemise blanche et cravate noire au nœud savamment négligé, ils irradient bonheur et plaisir avec un enthousiasme et une fraîcheur communicatives qui transcendent aussi bien un morceau de Wes Montgomery qu’un blues fou d’espoir de Léo Férré. Et le final, façon Blues Brothers, lunettes noires et déhanché, rajoute le soupçon de fantaisie solaire qui va bien au-delà d’une jam session éphémère pour devenir convivialité sincère et passion partagée.

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