Photos d’identités

images (2)Nous sommes à Calcutta dans son quartier chaud, le Red Light District alias Sonogachi, où se croisent prostituées, clients,  souteneurs et autres dealers d’alcools plus ou moins frelatés. Au milieu de cette faune grouillante et misérable, volontiers shootée, agressive ou vocifèrante, des gamins s’auto-élèvent dans la promiscuité. Ils sont «  Nés dans les bordels » comme le précise le titre original de ce documentaire  rebaptisé en France «  Caméra kids » qui était présenté hier à la médiathèque de Rodez dans le cadre de la Saison indienne en Aveyron. Réalisé par Zana Briski et Ross Kauffmann, il raconte une expérience incroyablement humaine et généreuse, donner l’espoir à quelques-uns de  ces enfants d’un autre futur possible. C’est ainsi que l’on suit la passion à déplacer des montagnes, et la bureaucratie qui tutoie des summums d’absurde au West Bengal en fait partie, de celle que les enfants surnomment affectueusement « Tante Zana » pour enseigner la prise de vues, le sens du cadrage, le choix d’un angle original et autres techniques, tout ce qui fait sens pour transfigurer la photographie. Courage et détermination sans faille de celle qui porte ce projet à bout de bras, conjugué à l’enthousiasme, à l’exubérance et à une volonté incroyable de survie  de ses huit petits protégés pour lesquels il faut se battre sans compter, voilà ce qui habite ce film humaniste et chaleureux. Armés d’un appareil argentique tout simple qu’ils s’approprient peu à peu, ils vont faire des merveilles. Témoigner de leurs quotidiens bien sûr mais aussi de quelques rayons de soleil comme cette escapade à la mer qu’ils découvrent pour la première fois, c’est bouleversant de naïveté désarmante, de lucidité désespérée et de fragilité enfantine. Entre portraits, et instantanés sur le vif, ces images sont exemplaires et vaudront même à leurs jeunes auteurs la reconnaissance d’une exposition du Word Press Photo d’Amsterdam qui invitera l’un d’entre eux, mais aussi d’illustrer le calendrier d’Amnesty International, c’est dire. L’éducation, avec son vecteur artistique comme la  photo, synonyme de clé vers un avenir meilleur à bâtir, voilà le message qui fait chaud au cœur de ce film absolument remarquable à voir de toute urgence.                                                                                                                                               A noter aussi le petit livret « L’Inde au cinéma »  disponible à la médiathèque de Rodez qui balaye tout un panorama de Satyajit Ray à Bollywood  sur le septième art si important dans ce pays, avec un regard intelligent, judicieux et circonstancié.

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