Le patrimoine, c’est aussi en soirée

téléchargement (5)Deux spectacles pour le prix d’un, telle était la formule de samedi soir à Rire Onet.  Tout d’abord un vrai faux conteur, Thierry Faucher alias Titus, lequel propose sa version excentrique de « Barbe Bleue assez bien racontée », une plongée dans l’univers des contes de Perrault aux antipodes de ceux de l’enfance. La gouaille rigolarde, la répartie saillante, il hésite volontairement entre érudition pédagogique et sarcasmes revêches. Citant aussi bien Bruno Bettelheim et la fonction cathartique du conte que s’égarant sur Gilles de Rais maréchal de France, compagnon de Jeanne d’Arc  condamné pour de meurtres et sorcellerie, lequel aurait inspiré toute l’histoire, ce ne sont que tiroirs encastrés les uns dans les autres qu’il s’amuse à ouvrir ou fermer devant nous. Le scénario original n’est là que pour mieux mettre en lumière son quotidien actuel, de digressions en parenthèses, de réflexions à haute voix en sentences vengeresses, il nous tire le portrait d’une époque, la nôtre, via ce conte populaire aux multiples entrées. Accoutré tel un nain de jardin, il philosophe avec bonheur sur l’air du temps, entre agonie façon Molière et danse de barmitsva. Bien vu et très sympathique… téléchargement (7)Puis place à de l’humour musical échevelé, avec « Duel, opus 2 » qui voit s’affronter entre complicité et fantaisie un violoncelle et un piano. Deux musiciens virtuoses en queue de pie, gentiment loufoques et malicieux qui plongent dans notre mémoire et effeuillent un programme on  ne peut plus éclectique, de Jean-Sébastien Bach à Deep Purple via Ennio Morricone, Carmen et tant d’autres encore… Il y en a pour tous les styles et toutes les oreilles, entre répétition diabolique et face à face aux accents western, musique enflammée venue des Balkans ou jazz déjanté, disco glamour ou bienséance ultra classique, rien ne résiste. Chaise longue ou  bouteille de whisky, didgeridoo ou fauteuil roulant avec sa perfusion, les accessoires, plus surprenants les uns que les autres, sont autant de touches de folie douce qui scintillent longtemps dans nos yeux. On reste ébahis devant cette performance, les prodiges instrumentaux font écho à ce vertigineux funambulisme artistique multipliant les morceaux de bravoure. Dans la droite ligne des spectacles ébouriffants du Quatuor, c’est une recette éprouvée de virtuosité sonore doublée d’inventivité toujours renouvelée. Un grand bravo à Laurent Cirade et Paul Staïcu grands maîtres ès extravagance musicale.

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