Des mots pour le rire

téléchargement (8)Deuxième soirée de Rire Onet, et deux spectacles totalement différents, tant dans la forme que sur le fond. Un premier qui s’étire et n’en finit pas, des marionnettes souvent basiques mal accoutrées, informes, des textes qui hésitent entre salmigondis et papotage, un curé masochiste qui s’auto-canonise au sens propre, un accouchement scatologique et autre pornographie éjaculatoire… Dommage le castelet ambulant et toute la machinerie induite donnait un air bonhomme à ce « Cabaret du montreur » mais seuls, une séance de vaudou jubilatoire ou un strip-tease à contretemps parvenaient à rompre la nébuleuse monotonie.     images (1)Puis, vint Vincent Roca, oui celui-là même qui sévit jadis,  pendant plus d’une décennie sur France Inter. Et là, avec «  Delirium très mots », tout n’est que réparties, dentelles et  aphorismes. Ce sont «  les arts-dico »  dans toute leur splendeur, métaphores et oxymores, allitérations et ellipses, style et élégance, rhétorique et digression… Ce plaisir du verbe, ces jeux de mots toujours tintinnabulent les uns contre les autres pour mieux rebondir. Cette sémantique joyeuse, cette linguistique décomplexée enchante nos neurones, titille nos zygomatiques et devient mélopée quasi mystique. Larousse en bandoulière, il fait feu de tout bois, Littré entre les dents, le Robert se gamberge, aucun tabou ne résiste, il n’épargne rien ni personne. Le Financial Times pour étriller la bourse, la soprano déchue aux amours chaotiques, « Bernard Tapie habitué des parquets » et autres « Ramadan creuse », les kilos en trop et les régimes ad hoc, la dictature des d’jeuns à faire pâlir les vieux, ses souvenirs d’enfance se bousculent. Tirades sur les grands crus, florilège sur les arbres et les plantes à rendre vert de rage Dany himself, son hymne à la vie et même son numéro de lanceur de couteaux, tout transpire l’amour de la syntaxe et de la sémiologie de cet obsédé textuel nourri au Canard Enchainé et au Caveau de la République. Jusqu’à sa sortie, modèle de virtuosité lexicographique.

Ultime pied de nez, dernière pirouette,

De nos chers disparus, il se paya la tête,

En guise d’épitaphe, lentement il se hâte.

De cette litanie, il tire échecs et mat,

Patiemment disséquée, un à un, cas par cas,

C’est sans aucun détour, qu’le roi Vincent Roca !

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