Dans les pas de Christophe Colomb

téléchargement (4)Avec « Paradis perdus », sous-titré Ombres et lumières au siècle de Christophe Colomb, c’est à une plongée dans l’histoire récente de l’Espagne sur les traces de l’emblématique explorateur et navigateur intrépide, génois d’origine, que l’on est convié. Un récitant, Pierre-Loup Rajot, feuillette ainsi quelques pages parmi les plus célèbres s’attardant tout particulièrement sur l’année 1492 qui verra ainsi la première expédition sur la route des Indes par l’ouest avec deux caravelles et une nef accoster le Nouveau Monde par les Antilles, via le sinistre décret de l’Alhambra du 31 mars sur l’expulsion des juifs… Cette saga effervescente qui mêle l’épique à la passion, la démesure à l’idéologie, le profane et le sacré, le tragique à la compassion, la chrétienté dérivante vers l’inquisition et l’univers arabo-andalou,  l’empereur aztèque Moctezuma à Isabelle la très Catholique, tout cela sert de  toile de fond ou plutôt d’écrin audacieux à l’enthousiasme de Jordi Savall accompagné pour l’occasion des solistes de  la Capella Real de Catalunya et l’ensemble Hespérion XXI, spécialiste des musiques anciennes, pour proposer une succession de mélodies plus douces et soyeuses les unes que les autres. Les chœurs qui chantent tantôt en castillan, en arabe, en nahuatl ou en hébreu, les sonorités d’oud ou de qanun qui rivalisent de pureté avec les cordes d’une guitare ou de la viole de gambe, c’est ce voyage initiatique entre Histoire, poésies et univers musicaux d’horizons multiples qui berce le public de la cathédrale, lequel s’imprègne des textes grâce aux sous-titres lisibles sur différents écrans répartis un peu partout. Tout d’élégance, de grâce et de subtilité, les voix et les instruments s’interpellent, se répondent, dialoguent et deviennent comme un oracle envoutant, quasi mystique, que symbolise encore davantage la flamme vacillante d’un  immense cierge allégorique qui brillera pendant toute la seconde partie. Sensualité et délicatesse, parfums subtils et arômes exquis, plus un souffle de romanesque échevelé, tels sont les ingrédients de cet élixir délicieux que l’on déguste à petites lampées. Et le concert s’achève par une chaconne aussi frénétique que carnavalesque avant un rappel pour un branle cristallin qui donne à ce spectacle présenté dans le cadre de la 17ème édition des Rencontres d’Aubrac son caractère d’exception.                                                                                Un magnifique moment qui fera date.                                                                                                                           

Cet article, publié dans Musique, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s