Cousu de fil blanc

C’est dans la petite salle habituelle de la M.J.C. d’Onet , où ils répètent chaque semaine, que les comédiens du groupe adulte du jeudi avaient donné rendez-vous aux spectateurs. Un décor sobre, juste une table, quelques chaises, un canapé ou un mannequin, mais surtout, indispensable pour tout  vaudeville qui se respecte, des portes, en veux-tu, en voilà, disséminées un peu partout. Au programme cette année, en effet un des classiques de Feydeau « Tailleurs pour dames » avec sa trame sans surprise, de quiproquos, de  répliques à double sens et autres méprises sur l’identité des personnages… Ce qui retient tout de suite l’attention c’est d’abord le soin tout particulier apporté aux costumes, entre retro délicieux et touches de folie douce : la chemise à rayures fines du docteur volage fait écho au costume un peu parvenu de l’encombrant ami, la simple robe bleue de Madame est aux antipodes de la grâce canaille de la cocotte demi-mondaine et tout à l’avenant… Cette manière très adroite de situer ainsi très rapidement les personnages d’un point de vue social sous l’œil matois du domestique qui voit tout, sait tout, ne dit rien, mais n’en pense pas moins, installe dès le début, à la fois le recul nécessaire face à une intrique historiquement datée mais aussi laisse entrevoir quelques clins d’œil bien sentis au monde actuel. « Roucouler au bord d’un précipice »  résonne d’accents très actuels, entre syndrome du Sofitel et psychodrame de jalousie non maitrisée, quand l’hypocrisie de certains n’a d’égale que la forfanterie des autres. Bien sûr de cet imbroglio sentimental ne peuvent émerger, époque oblige, que réconciliation de façade et happy end souligné au champagne. Et question apparence, faux semblants et représentation de la médiocrité et du ridicule de la vie de cette bourgeoisie qu’il a appris à détester, Feydeau fait merveille. L’ensemble des comédiens amateurs se délecte de  bon cœur pour proposer une version enlevée et très homogène, égratignant à tout va avec malice et jubilation. La mise en scène griffée  Olivier Royer, comme souvent, démultiplie les rôles principaux, mais là, ces doublures expertes ajoutent à du prêt-à-porter convenu la discrète touche de sur-mesure qui fait la différence.                                                                                                                           On pourra revoir ce spectacle  même lieu le samedi 23 juin à partir de 21 heures.

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