Briser la glace

imagesLe dernier film de Jacques Audiard  «  De rouille et d’os »  vient d’être présenté à Cannes, le premier de la sélection française. C’est une rencontre très improbable entre un marginal complétement paumé, ex boxeur baraqué, qui débarque en stop flanqué de son fils sur la Côte d’Azur, là où habite sa sœur qu’il n’a pas vue depuis des années et chez qui il prend ses aises. Insouciant au possible, alors qu’elle se démène comme caissière dans un grand magasin où elle récupère les produits tout juste périmés, histoire de mieux remplir le frigo. Irresponsable complet le gars, il trouvera enfin un petit boulot de videur dans une boite et c’est là, qu’un soir, sa route croisera celle d’une jeune femme qui gagne sa vie en dressant les orques dans le parc de Marineland. Ils sympathisent. Quelque temps plus tard, il la retrouvera, sauf qu’à la suite d’un terrible accident, elle a perdu ses jambes. La vie, il la croque à pleines dents, le physique conquérant, il se bagarre ou fornique de la même manière, détaché et  sans affect. Il lui redonnera gout à la vie et au plaisir sexuel, elle lui mettra un peu les idées en place… Un mélo dans toute sa grandeur, y compris avec une réelle dimension sociale, les salariés des grandes surfaces s’apercevant qu’ils sont espionnés par un type louche, lequel organise aussi des combats clandestins où la violence des uns n’a d’égale que la cupidité des autres…Des bras et des poings qui virevoltent, elle qui l’accompagne, clouée sur son fauteuil, plus tard avec des prothèses… et si on ajoute qu’au final, il se cassera les mains en brisant la glace épaisse d’un lac gelé – fluidité liquide pour elle, le même élément solidifié pour lui- , c’est dire si on charge la symbolique…                                                                                                                                        L’amour au-delà des apparences, le regard qui change sur le handicap, et des acteurs parfaits de retenue et de pudeur, Marion Cotillard en tête, il n’en reste pas moins que l’on peut très bien rester sur sa réserve et ne pas adhérer totalement à ce film au style volontairement conceptuel et froid

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