C’est beau un musée, la nuit

imagesC’était donc la 8ème édition de la nuit européenne des musées samedi dernier, et, pour l’occasion, à Rodez, tant Denys Puech que Fenaille avaient déployé des trésors d’imagination pour donner un sérieux coup de balai à l’image trop souvent vieillotte et poussiéreuse que l’on se fait de ces lieux. Entrée gratuite d’une part et animations du meilleur goût au programme pour séduire toujours plus.                      Fenaille avait surtout misé sur la musique dans la cour de l’Hôtel de Jouery avec un programme très éclectique qui allait depuis un  groupe local Firedog Empire tout récent lauréat des Agglozicks jusqu’à The Missing Season. Ce duo breton vient de sortir son troisième album « The last summer » à la pochette soignée, genre road movie vintage et propose une musique soignée et douce aux accents soyeux, de la pop harmonieuse, ouatée et pure, avec juste les voix de Nicolas et Marin qu’accompagnent a minima guitares folk ou banjo pour donner à tous des saveurs d’ailleurs. Ces chansons acoustiques donnent envie de rêver et de s’abandonner, un set de près d’une heure qui enchantait le public nombreux massé un peu partout  y compris dans les étages. Ballades élégantes, sonorités chaleureuses, entre   ambiances demi teintes ou clair-obscur de sentiments, cette musique se déguste en grandes lampées apaisantes où la poussière du bush australien fait écho aux embruns maritimes, la magie de Brocéliande à  la tradition des cow-boys de l’ouest américain… A découvrir.                                                                                                                                                                        téléchargement (6)Denys Puech, lui, avait parié sur la danse, version résolument contemporaine revisitée par Richard Nadal, lequel pour l’occasion proposait un ballet avec le quatuor Cordissime pour cinq danseuses sur la partition teintée de tragique et de mélancolie de Schubert «  La jeune fille et la mort ».  Cinq vestales donc,  mais une seule robe, comme une immense toile de parachute à partager, une camisole encombrante d’où chacune essaie tour à tour de s’évader mais pour aussitôt, devant l’impossibilité et l’échec, revenir au sein du groupe pour s’y fondre…Quand la danse, essence de liberté absolue, est là paradoxalement synonyme de contrainte,  des prisonnières d’une toile d’araignée surdimensionnée, d’où, de gestes saccadés en transe collective, le salut ne peut venir que de la fuite, laquelle implique pour réussir d’être coordonnée, et donc pour tout dire, volonté partagée… Et pour que la fête soit complète , il y eut aussi en guise d’intermèdes quelques figures de chorégraphie dirigées dans la bonne humeur par Nadal lui-même, pour le public, lequel, loups sur le visage, bal masqué oblige, était ensuite invité à reproduire quelques pas…                             Deux moments parmi d’autres qui changent l’image des musées.

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