Magic Circus

images (1)Ils sont sept sur la scène nue. Un tapis de gymnastique au sol et derrière, plus tard, ce sera un immense écran pour des jeux d’ombres et de lumières. Cet espace, ils vont l’envahir, l’investir de part en part, mieux même se l’approprier méticuleusement pour une partition de folies. Place à Circa, une troupe d’artistes de cirque venus de Brisbane en Australie aussi inventifs que talentueux. Trois femmes en justaucorps, et quatre hommes torses nus et pantalons, capables de tout, bourrés d’énergie et d’inventivité. Quasiment aucun accessoire, si ce n’est une corde pour un bref numéro de suspension et voltiges virtuoses, quelques cerceaux qui mettent le corps en transes, un cheval d’arçons placé en bord de scène pour un show de funambule éblouissant et spectaculaire, l’essentiel se joue ailleurs, au sol, dans la multiplicité des figures et combinaisons athlétiques qu’ils offrent. Les porters ne sont pas seulement audacieux, ils sont aussi esthétiques et sensuels, renouvelant totalement  le genre. Quand le mouvement insuffle poésie et merveilles dans une chorégraphie mêlant présence physique et subtilité douce, virilité musculaire et féminité gracile, la puissance charnelle fait écho à l’érotisme fulgurant, tel ce  numéro sublime tout en talons aiguilles d’un rouge vif à faire pâlir Pedro Almodovar lui-même. Les figures, les attitudes, les postures sont saupoudrées en permanence d’un humour volontiers coquin et décalé qui emporte la complicité et démultiplie le sentiment d’intemporalité. Tout se conjugue pour graver dans la tête de tous les spectateurs des images extraordinaires, lesquelles irradient longtemps. Muscles saillants ou rondeurs voluptueuses, de sauts extravagants en acrobaties irrévérencieuses, les compositions harmonieuses à plusieurs entrées se succèdent à une vitesse vertigineuse  sans aucun répit. Seuls, de temps à autre un solo plus ahurissant encore vient aérer cette symphonie des corps absolument éblouissante qui repousse sans cesse les lois de la pesanteur ou de l’équilibre. Quant au final, c’est digne d’un feu d’artifices flamboyant où le regard ne sait où s’attarder tant tout scintille simultanément.   Et  comme un bonheur ne va jamais seul,  les musiques  de Jacques Brel ou Léonard Cohen, entre autres,  rajoutent cette ultime touche de génie à un spectacle absolument fabuleux de bout en bout. Probablement un des meilleurs présentés depuis longtemps à la Maison des Jeunes de Rodez et standing ovation tout à fait méritée.

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