Si tu ne vas pas à Lagardère …

images (1)Bolloré, Dassault , Bouygues , Lagardère  ou Pinault, c’est bien le CAC 40 comme chacun sait, mais comme on le sait peut être beaucoup moins les propriétaires de nombre de médias en France. Le film documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat « Les nouveaux chiens de garde » dont la première avait lieu mercredi soir au Royal à Rodez, décortique les relations trop souvent ambiguës entre les journalistes vedettes qui, comme au mercato de football, passent avec une  régularité de métronome, d’un employeur à un autre, tout en prêchant  toujours les mêmes idées. « Un consensus mou d’une démocratie molle » comme le déclarait à l’issue de la projection Michel Naudy rédacteur en chef placardisé de France 3 et cofondateur de Politis, lequel animait un échange avec les spectateurs. Ce film s’attache à disséquer jusqu’au plus profond ce joyeux mélange des genres qui voient dans les colonnes des journaux, sur les ondes des radios et sur les écrans de télévisons, toujours les mêmes soi-disant experts inoxydables relayer encore et encore les mêmes thèmes. Et à ce jeu, les conséquences de la crise économique et sociale actuelles qui accable toujours plus  les plus faibles et les plus humbles passent volontiers à la trappe alors que l’on glorifie à longueur de colonnes ou d’émissions les thèses libérales qui démantèle insidieusement des pans entiers de l’état social protecteur. La consanguinité quasi incestueuse entre le pouvoir et les journalistes est flagrante entre ces élites de l’entre soi issues des mêmes écoles, de même origine de classe,   et qui fréquentent les mêmes lieux avec en point d’orgue le fameux dîner du Siecle où chaque dernier mercredi du mois, on se retrouve ensemble au restaurant pour s’auto-congratuler. Les faux impertinents qui se sont bien recyclés servent de caution, les vies privées croisées, et les exemples ne manquent pas, ou le tutoiement de rigueur, sont tout le miel de ce long métrage qui ne manque pas d’humour, où la complicité de bon aloi entre ces gens « partout chez eux » ne manque pas d’interroger sur la nécessaire déontologie professionnelle volontiers revendiquée haut et fort. Des images noir et blanc où Peyrefitte alors Ministre de l’Information s’invite sur les plateaux télévisés pour expliquer de quoi le JT doit être fait, à nos jours, 50 ans se sont écoulés, mais grande reste la tentation de rester entre soi afin « d’éduquer le peuple » et de définir ce qui est légitime ou non de penser. Aucune chaîne de télévision n’a évidemment voulu produire ce film efficace et déstabilisant, tant il s’attaque à traquer les porosités suspectes et malsaines entre le pouvoir et le journalisme. Raison de plus pour aller le voir.                                                                Après une telle démonstration, on ne peut plus lire son journal préféré ni regarder les infos avec le même oeil. Le regard critique et une certaine distance s’imposent absolument.                                             

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s