Auto, boulot, dodo…

images (1)Elle ne manque ni de volonté ni de courage, elle s’accroche tous les jours un peu plus pour ne pas sombrer. « Louise Wimmer », c’est son nom, à une lettre près ce serait un patronyme de vainqueur, est l’héroïne du premier film de Cyril Mennegun sur le quotidien désespérant d’un femme dans la cinquantaine qui n’a plus de domicile fixe, dort dans sa voiture et a entassé tant bien que mal ses quelques maigres affaires personnelles dans un box. Le pire c’est qu’elle a un travail, femme de ménage dans un hôtel où elle passe ses journées à faire les chambres des autres, elle qui n’en a pas. L’humiliation en pleine figure, c’est la norme pour elle. Quémander quelques heures supplémentaires et réussir à se les faire payer, siphonner du carburant sur des parkings glauques, finir les plateaux des autres dans des cafétérias anonymes, trouver un lieu public où se doucher … C’est son combat toujours renouvelé pour garder sa dignité, se voir sans honte dans une glace… C’est dire si ce constat sur la difficulté de vivre, en France,  ici et maintenant, est accablant et terrible, d’autant plus, quand c’est comme ici, filmé avec justesse et pudeur, entre plans serrés presque étouffants sur le visage de Louise dans son rétro, son miroir à elle, et plans plus larges quand elle croise tous ceux qui font partie de son univers, que ce soit la patronne d’un bistrot qui réceptionne son courrier, l’employé du mont de piété qui lui donne quelques astuces pour gagner quelques €uros de plus, ceux qui font toute la différence, entre misère noire et galère insupportable, ou le copain qui lui dégotera à la récup  la pièce de rechange indispensable pour que sa vieille bagnole tienne encore…La solidarité des humbles, sans parole inutile ni questions, juste être là si besoin…   Dans le rôle titre, Corinne Masiero est absolument bouleversante, le visage ravagé par les épreuves de la vie, lesquelles sont juste évoquées sans pathos, et la rage farouche de s’en sortir sans ne devoir rien à qui que ce soit. Debout et fière pour revendiquer et se battre pour faire reconnaître ses droits y compris auprès des services sociaux où elle a déposé depuis des mois une demande de logement toujours en souffrance… Cette chronique de la précarité donne un coup de projecteur salutaire sur tous les exclus, ceux qui déterminés et avec une énergie à toute épreuve conjuguent malgré tout espoir et fraternité…                          Une leçon à méditer .

                                                                                                                             

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