Côté cour, côté baladin

07_HM_11FEV11Rarement la Chapelle Royale n’aura aussi bien porté son nom. On était revenu sous l’ancien régime, et de tarentelles dionysiaques en saltarelles gaillardes, de bourrées cadencées en suites rythmées, les festivités allaient bon train. C’était une Heure Musicale spéciale baroque et traditionnelle, et même le temps était de la partie, tant on se serait cru à une veillée moyenâgeuse dans un château-fort version hiver très rigoureux où l’on se gèle allègrement, la large cheminée et ses bûches revivifiantes en moins. Il lui fallait bien du courage à Antoine Charpentier en maître de cérémonie, dans son pourpoint blanc virginal à manches bouffantes, pour réussir malgré ce climat polaire à virevolter comme à son habitude de boudègues en cabrettes, insufflant son énergie aux uns et aux autres, réussissant en dépit de ces conditions glaciales à installer une ambiance entre joyeuse parade et recueillement de bon aloi. Cela tenait de la veillée antédiluvienne et semi-monastique années cinquante chez l’ancêtre du village, sans la pénombre et les bougies vacillantes, et du rendez-vous militant de copains ultra motivés qui se mettent corps et âme à défendre la musique traditionnelle et la langue d’oc face à l’envahisseur anglo-saxon. Les morceaux plus élégants les uns que les autres mettaient ainsi à l’honneur, entre autres, des œuvres toutes de charme et de grâce de Louis de Caix D’Hervelois ou Jean-Joseph Mouret, deux compositeurs qui méritent vraiment d’être découverts. Et pour finir, les six compères interprètes d’entonner à capella un chant, occitan bien sur, entre psalmodie prédicatrice et accents polyphoniques, dans une version boy’s band d’étudiants un peu foutraques à la fin d’un banquet où l’ hypocras aurait coulé à flots, une version médiévale un tantinet déjanté pour faire écho au dessin ultime qui conclut dans la bonne humeur chacune des aventures d’Astérix, précurseur en résistance.                                        C’était juste parfait et délicieusement suranné pour conclure ce concert aussi romanesque que subtil, mais indispensable  pour mettre en valeur des instruments peu habituels aux sonorités si spécifiques.  

                           

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