Dancing in the lights

téléchargement (7)Dominique Boivin, de la Compagnie Beau Geste est un personnage étonnant. Il l’a prouvé cette semaine à la M.J.C. de Rodez où en deux jours, on a pu voir deux facettes de son talent,   très différentes l’une de l’autre.

Tout d’abord avec le spectacle « La danse, une histoire à ma façon » où  en une grosse heure il revisite l’histoire de cet art depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. C’est sa manière de décliner à la fois les grandes figures tutélaires qui l’ont nourri et ont transformé la chorégraphie et le regard que l’on porte sur les danseurs, d’Isadora Duncan et ses voiles à Martha Graham toute de noire vêtue, des ballets russes au buto via les claquettes et jusqu’au hip hop. Les moments de grâce succèdent à des performances plus physiques, l’ironie carnavalesque fait écho aux poses figées de l’antiquité, les révérences et autres collerettes fleurant bon l’ancien régime côtoient la provocation postmoderne, la danse répétitive et minimaliste tranche avec la pantomime ou le clown. Toutes ces figures imposées ou libres souvent teintées d’humour en disent long sur la personnalité de l’interprète. Et ce n’est pas un hasard si le cadre scénique dans lequel il évolue, de figé et bien délimité au début, explose ensuite progressivement en parallèle aux mouvements qui s’émancipent et au corps qui s’affirme. De codes contraints et surannés, on glisse par petites touches vers une nouvelle expression plus intime et plus sensible, une transition toute en douceur pour s’exposer et se confier au delà de simples pas. La danse alors s’efface pour laisser apparaître un artiste capable avec son seul corps, quelques accessoires et un tube de rouge à lèvres de signer un témoignage très émouvant au travers d’univers très disparates.

Le lendemain, il animait derrière un micro une conférence illustrée de nombreux extraits de films ou documents vidéos sur les rapports aussi surprenants qu’emblématiques entre danse et cinéma. Du burlesque version Chaplin à Tati et son énigmatique Monsieur Hulot à la violence stylisée de Kubrick via la gestuelle élaborée de Pina Bausch à un orient transcendé par l’esprit hippie post soixante-huit ou le regard de Maurice Béjart, c’était une autopsie fascinante des liens quasi incestueux entre deux mondes en apparence différents. Cette fresque vertigineuse se concluait par un ballet contemporain aux mouvements ahurissants.

Deux temps forts pour proposer une vision aussi subjective que passionnante et ouvrir de nouvelles perspectives tant pour le chorégraphe que pour ses spectateurs.

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