Âme damnée

téléchargement (8)Le dernier film en date de Clint Eastwood « J.Edgar » est un portrait qui fait froid dans le dos du directeur resté mythique du F.B.I., Hoover, lequel réussit l’exploit de se maintenir près de 50 ans à la tête de cette institution. Malgré huit présidents différents, il parviendra toujours à passer entre les gouttes, étant devenu le parfait expert en magouilles et chantages en tous genres et donc indispensable à chacun. Un maniaque de la fiche, un fou furieux de l’ordre qui voit des complots partout ou en fomente si besoin, dans la droite ligne d’un Fouché, d’un Béria et autres sbires de la pire espèce…Ce film entrelace de façon incroyable un pan complet de l’histoire des Etats-Unis, en soulignant combien les obsessions conservatrices et réactionnaires de son directeur ont façonné la politique américaine et en tout premier lieu contre les « radicaux » c’est à dire l’ensemble des progressistes, syndicalistes, militants des minorités noires par exemple ou féministes. Tous auront maille à partir, y compris en dehors de toute légalité, avec cette agence de renseignements spécialiste des coups tordus. En parallèle, c’est l’intime de sa vie personnelle qui est passé au crible: une mère en parangon de castratrice, une secrétaire dévouée au delà du raisonnable, un adjoint équivoque à souhait,  une sexualité vacillante et incertaine, à dominante homosexuelle toujours refoulée… c’est dire si ce personnage est d’une incroyable complexité avec en plus un ego surdimensionné, toujours à la recherche de la lumière.Sont ainsi évoquées aussi bien les frasques des frères Kennedy que la retentissante affaire Lindbergh, les paillettes d’Hollywood avec Ginger Rogers, Dorothy Lamour ou Marylin que John Dillinger et autres gangs maffieux  sans oublier Eléonore Roosevelt ou le Prix Nobel de la Paix Martin Luther King. Construit sur des flash-back incessants, cette fresque rebondit continuellement et creuse toujours plus avant l’ambiguïté et le trouble que l’on peut appréhender au travers de la métamorphose physique de Léonardo Di Caprio dans le rôle titre, lequel, tel Janus montre un double visage.                                                                                                                                               Un grand film crépusculaire et vénéneux .

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