Jamais sans mon psy…

images (4)Névrosés de tous les pays, ce film est fait pour vous. Il raconte avec juste ce qu’il faut de perversité trouble, de malaise diffus et d’obsession galopante, les relations sur plusieurs années, au tout début de la psychanalyse, entre Carl Gustav Jung et Sigmund Freud, relations où le conflictuel se mêle à l’affectif, le respectueux à la rivalité. Et pour ajouter encore un élément catalyseur entre ces deux figures tutélaires, apparaît Sabina Spielrein qui, de patiente au départ, deviendra ensuite une sommité elle aussi de cette discipline ainsi qu’Otto Gross, réfractaire patenté à toute école de pensée, lequel glisse de plus en plus vers une approche très révolutionnaire de la libération sexuelle bien au delà de son seul aspect de libido …C’est dire que ce quatuor, c’est vraiment le nec plus ultra de la réflexion sur cette science alors encore balbutiante. Les voir confronter leurs théories mais aussi leurs doutes et leurs faiblesses, y compris charnelles, est  réellement passionnant, un duel intellectuel où chacun est toujours observé et objet d’analyse est en soi un pari risqué. Dans une reconstitution historique soignée, entre demeures bourgeoisies envahies de livres, hôpitaux à l’architecture désuète et costumes où la robe à crinoline empesée côtoie la redingote de bonne coupe, tout concourt à souligner ces combats pour que le spectateur concentre toute son attention sur ces joutes intellectuelles. L’ego surdimensionné fait écho à l’histoire en marche, la fragilité individuelle aux attentes collectives, le désarroi des cœurs aux pulsions des corps, c’est autant douloureux que flamboyant, mélancolique qu’exaltant. Pour « A dangerous method » David Cronenberg s’est entouré d’acteurs tout en retenue apparente mais absolument possédés par leurs personnages, avec une mention toute particulière à Keira Knightley qui se métamorphose littéralement tout au long du film selon qu’elle est patiente en pleine convulsion, maîtresse confidente ou collègue exigeante. Ce film réussit une synthèse élégante entre réflexions en abîme et confrontation de praticiens  rongés d’ambition.                                                                Un plaisir  brillantissime à savourer qui plus est en V.O.

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