Règle de Troie

téléchargement (4)C’était un impromptu dans le hall de la Faculté de Bourran à l’heure du repas de midi. Juste une petite trentaine de sièges plus quelques autres debout à l’étage, pour un moment fort de théâtre avec la pièce iconoclaste de Rodrigo Garcia « Agamemnon ». Sauf qu’hormis la référence explicite, via le titre, au héros des Atrides, c’est une histoire très contemporaine totalement revisitée par cet auteur argentin à laquelle on assiste. Du théâtre de combat où chaque réplique, chaque mot, chaque intonation est porteuse de sens, celui de la lutte de l’individu contre le système, tout particulièrement celui de consommation, matrice de tous les maux. C’est dire si ce texte à des accents on ne peut plus actuels.  Le personnage unique de cette histoire a décide de faire les courses de la famille pour tout le mois dans un supermarché, sauf que tout part à vau l’eau, que la vie qu’il mène à sa femme et son fils est d’une violence extrême, qu’il est tellement en rupture que tout craque, que le vernis du bon goût civilisé n’est plus, que, sous nos yeux on voit bien que quelque chose cloche et se décompose. Le progrès personnel s’oppose à la justice globale, les informations surabondantes éclipsent la connaissance réfléchie, si le Sud a de l’espoir, le Nord n’ a pas de volonté, et autres idées qui transgressent et appuient là où ça fait mal. Les failles du héros renvoient bien au-delà à cette société impitoyable avec les faibles et si souriante aux puissants. On y évoque aussi bien le cynisme des grandes puissances du G8 que le manifestant altermondialiste Carlo Giuliani tué lors des violences policières lors du sommet de cet organisme à Gênes en 2001, violences ultérieurement condamnées par la justice, un monde où les terroristes ne sont pas ceux que l’on dénonce habituellement… Par la grâce de la voix de stentor du comédien Matthieu Gaudeau, la lutte des classes est d’une évidence palpable, la richesse insolente de quelques uns fait écho au désarroi du plus grand nombre, et la mise en scène purement visuelle ou plutôt en abîme qu’ a choisie la Compagnie des Flagrants désirs, fait mouche. Les thèmes récurrents de l’auteur éclatent comme des bombes à retardement soigneusement disposées pour impliquer le spectateur dans le spectacle qu’il voit.                  Celui-ci était un cadeau  proposé en partenariat avec la Scène nationale d’Albi.                                                                                                                                                                                                                                                  

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