Regards sans frontière

imagesS’il fallait trouver un dénominateur commun à certaines des expositions présentées à Rodez dans le cadre de cette nouvelle édition des Photofolies,« Grandeur et décadence»,  incontestablement, vient l’idée de regards croisés sur notre monde, vu comme un village global . Il y a d’abord à la galerie Foch une série absolument hilarante pour ne pas dire jubilatoire, de clichés intitulée « Another country » de Rip Hopkins avec titre anglais et sous-titre français où il se plait, comme sujet de sa gracieuse majesté, à scruter ses compatriotes dorénavant établis en Dordogne. C’est à la fois léger et farfelu, décalé et iconoclaste tant il se plait à bouleverser nos certitudes sur l’homo britannicus, hésitant entre traditions, manoir ou kilts par exemple, et excentricité contrôlée. C’est un regard à la fois tendre mais empreint d’une certaine nostalgie, d’une totale excentricité assumée et résolument bourré de cet humour si spécifique où l’ironie douce amère sur autrui n’a d’égale que l’exigence envers soi-même … So british !!!                Tout à fait autre chose, avec l’exposition de Florence Lebert à l’Ecole de musique. Là « Ex » comme son nom l’indique, est une plongée quasi documentaire sur la réalité actuelle de la vie de gens simples dans les anciennes républiques soviétiques. Du désastre écologique qui frappe la Mer d’Aral aux réfugiés Géorgiens abandonnés sans aucun espoir, d’une Mer Noire  anciennement paradis pour dignitaires en villégiature devenue méconnaissable, chaque image nous parle de cette décadence inexorable d’un ancien modèle devenu totalement inadapté au monde actuel. C’est d’autant plus pathétique et touchant que les personnes photographiées ne se résignent pas face à ce déclin et témoignent d’une dignité inébranlable face à l’objectif. A la Menuiserie, c’est une série grand format «Mémoires dans l’oubli »,des portraits de femmes algériennes âgées, toutes en parures d’apparat qui sont étendues sur des sofas, le regard fixé sur l’horizon. On y lire peut autant la sérénité des révolutions arabes de ce printemps qu’un hommage pudique aux anciennes combattantes de la décolonisation. Enfin à la galerie Sainte-Catherine « la Californie » de Béatrice Utrilla est très déconcertante, en ce sens qu’elle donne à voir une irréalité fantasmée d’un lieu où elle n’est jamais allée avec des images presque déstructurées et imaginaires pour un voyage immobile et intemporel .                                                    A chacun de se laisser porter pour découvrir ces ailleurs.                                         

                                                    

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