La belle et la bête

téléchargementC’était le premier spectacle pour enfants de la saison présenté plusieurs fois lundi et mardi derniers, et notamment devant la classe de CM de Calcomier et celle de CM2 de Foch, lesquelles, vont bénéficier toutes deux, dans le cadre d’un partenariat Mairie de Rodez , Education Nationale et Maison des Jeunes, de 40 heures d’interventions reparties sur toute l’année scolaire de la part de la Compagnie Divergences qui était à l’œuvre aujourd’hui.C’était donc « Le Petit Chaperon rouge » en version chorégraphique, qui était offerte, dans une version totalement renouvelée de ce conte qui a bercé l’enfance de tout un chacun.Sur scène, courant à perdre haleine, avec une seule lampe de poche pour trouer la pénombre et affronter le vent qui s’engouffre dans cette forêt sinistre, le Petit Chaperon Rouge qui court, encore et encore, rampe, se terre… La musique se fait de plus en plus envahissante, et soudain surgit Le Loup, sombre, menaçant, dangereux c’est sur, agressif peut-être. Eux que tout oppose, elle, toute rouge de grâce et d’innocence mêlée, lui, noir de méchanceté et de destruction, peu à peu vont se rapprocher pour esquisser un pas de deux façon ballet funeste. A ses cris répondent ses hurlements, à sa grâce virginale, sa félinité carnassière. On frémit par avance et on craint  le pire, or c’est le contraire qui surgit, une complicité troublante presque sadomasochiste où chacun se révèle indispensable à l’autre. Chaque geste saccadé ou au ralenti s’appréhende comme une invitation ambiguë, un dialogue corporel très intime où la peur originelle de l’autre fait place à une certaine relation hypnotique de dépendance mutuelle. Les néons qui délimitent l’espace scintillent comme des balises rassurantes, à la fois repères identifiés du territoire de la rencontre mais aussi limites hors desquelles plane l’inconnu. Quand le loup flaire, hume ou dévore sa proie, on ressent aussi bien l’animalité du désir que la sensualité partagée. Quand chaque danseur devient la moitié de l’autre, c’est psychanalytique à souhait, délicieusement envoûtant et cruellement inquiétant, tant Eros et Thanatos sont enchevêtrés pour le meilleur et pour le pire.                                               Ce spectacle vraiment magnifique, fait se pourlécher les babines par avance de découvrir  la version adulte prévue en avril prochain pour goûter encore davantage chaque détail de ce conte ourlé de plus de questionnements que de certitudes.

                                                                                                                 

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Un commentaire pour La belle et la bête

  1. Dans mon blog de philosophie,
    je viens d’évoquer une question assez voisine :
    LE DESIR EST-IL PROVOQUE PAR LES MOTS ?
    http://jeanpaulgalibert.wordpress.com/
    A bientôt, peut-être…

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