Affreux, sale et méchant

téléchargementDans cette veine de l’humour volontiers trash ou du mauvais goût provocateur et revendiqué, il y a des réussites incontestables, anciennes comme Hara-Kiri, Charlie-Hebdo en version papier, plus récente comme le SAV d’Omar et Fred sur Canal +. Là, avec Didier Super ( sic) on touche aux limites du genre tant le vulgaire s’incruste, le glauque prend ses quartiers et le fétide pointe. Ce qui se voudrait une comédie musicale revisitée se révèle frustration et décomposition, quand le sacrilège le dispute au blasphème et l’outrage à l’humiliation.Avec cinq comparses protéiformes, c’est à une descente aux enfers sans limites que le public assiste médusé : la quête effrayante de veuleries d’un « chanteur engagé »  recherchant la haine, sa seule raison de vivre. Ce qui nous vaudra des aventures ahurissantes, version destroy, entre une ZEP caricaturale avec un hymne à la racaille en casquette, une virée en Afrique définie comme « bananes, tam-tam et sida », une torture de la baignoire ou un kamikaze prêt à se faire exploser…De ce cynisme ostentatoire et outrancier, ponctué d’agressivité et d’insultes, sourd un profond sentiment de malaise et d’ambiguïté. Tirer sur tout ce qui bouge pourquoi pas, mais avec intelligence et finesse, vivacité d’esprit et paillardise gourmande. Là, c’est tout le contraire, la stupidité dégoulinante et le comique troupier pour ne pas dire nauséabond, presque pervers et certainement dangereux, semblent la norme, comme l’antithèse bleu marine de la diversité citoyenne et des valeurs républicaines partagées. Intégrer dans son spectacle, son bon gros nounours tout droit sorti de « Bonne nuit, les petits », Maya l ’abeille ou le Prince charmant comme auto-psychanalyse libératrice ne suffit pas à dissiper une légitime déception doublée d’amertume devant tant de gâchis, ne respectant rien ni personne, ce qu’illustre une scène finale dévastée où décors et accessoires ne sont plus que décombres, le tout avec un délice douteux.                                                                                                              Comme en plus c’est braillard voire vociférant, approximatif et limite je m’en foutisme, cela devient vite désespérant et on s’impatiente pour qu’il en finisse au plus vite et abrège notre calvaire.

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