Gaëtan matraque

téléchargement (8)Amis de la musique douce, de la ritournelle bien troussée, du couplet qui trotte dans la tête, de la mélodie enivrante, du plaisir des mots, le concert que proposait vendredi soir Gaëtan Roussel à l’Amphithéâtre de Rodez n’était pas fait pour vous. Seraient-ce les effluves d’un retour sur son lieu de naissance avec de nombreux amis connus dans la salle ou  la fin exaltante d’une longue tournée, toujours est-il qu’il s’est noyé sous un déluge de décibels à rendre jaloux  le décollage d’un quelconque airbus. Et pourtant…Orphelin de ses copains de Louise, on se prend à rêver d’un concert solo en acoustique avec sa seule guitare, car dans les rares moments de ce type qu’il a proposés comme par exemple «  Se souvenir des belles choses » ou «  ça sert à quoi les sentiments » on a pu apprécier les images volontiers surprenantes mais enthousiastes, la chaleur qu’il dégage, la sensibilité des textes, dont hélas on ne saisit que de bribes éparses. Mais franchement on a frôlé l’overdose question sonorités sursaturées et autres envolées vibrantes interminables comme ce morceau avec lunettes fluorescentes qui donnaient à tout l’orchestre les allures d’aliens égarés recherchant leur soucoupe de retour. C’est là que l’on touche les limites d’un tel exercice d’un tsunami assourdissant avec élans névrotiques et sauts survitaminés. Tel un diable bondissant, il est infatigable et certains jeux de lumière sont carrément magnifiques d’inventivité et de fantaisie entre effets stroboscopiques et voiles incandescents variables. Feu follet bourré d’énergie contagieuse, il déroule ainsi inexorablement son album solo « Ginger » celui-là même qui lui a permis de décrocher au printemps dernier une Victoire de la Musique. Que certains fans inconditionnels se laissent emporter vers ces ailleurs imaginaires et quasi orgasmiques est fort compréhensible mais cette débauche insensée de décibels transforme cette forme de musique, rock certes, en une succession ininterrompue de notes stridentes dévastatrices. En première partie, dans la même veine, on a pu apprécier les accents festifs et trépidants de La Deryves en version quatuor, un concentré d’intensité flamboyante à l’image de leur premier opus sorti en juin dernier.                                                                                               Hors normes et épicée au tabasco, furia assourdissante ou maelström tonitruant, cette soirée était hypnotique pour certains, éprouvante pour d’autres.

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