Neuilly, son maire…

téléchargement (3)Ils ont tous deux un point commun. L’un y est né, l’autre y a bâti toute sa carrière politique. Et dans «  Liberté surveillée » dont il donnait la dernière à l’Amphithéâtre de Rodez, Stéphane Guillon ne peut s’empêcher de citer, caricaturer, dégommer ou prendre à parti Nicolas Sarkozy dans chacun de ses sketches voire même de l’agiter comme un épouvantail, brandissant son portrait officiel pour chasser les spectateurs de la salle tout  à la fin. Qu’il pense que son éviction de France Inter l’année dernière lui soit directement ou indirectement imputable et douloureusement amère, c’est de l’ordre de l’évidence, que cela devienne un gimmick aussi récurent, au bout d’une heure ça en devient un peu lassant. Non que l’impertinence, l’humour volontiers très noir et même le mauvais goût revendiqué n’ait pas toute sa place, les bouffons des rois sont indispensables et précieux, mais on touche un peu les limites de l’exercice. Autant chaque pastille distillée sur l’actualité à la radio visait vraiment juste parce que brève, épurée, iconoclaste souvent, mais toujours bien sentie et ciblée, là ce one man show manque un peu de souffle sur la longueur. Qu’il tape résolument sur la politique et ses travers, dézinguant joyeusement tous ceux qui ont des casseroles et n’honorent pas leurs fonctions, c’est réjouissant et nécessaire, qu’il se paye les handicapés, pourquoi pas, qu’il parodie à bon escient un BHL soucieux de son look dans un Afghanistan ravagé, très bien, qu’il résume Marine à « un fascisme en spray » au moins aussi dangereux, indispensable, qu’il appelle de ses vœux une nouvelle Libération en Mai 2012, forcément jubilatoire … on ne va pas s’en plaindre. Cependant là où il est peut être meilleur, c’est quand il ouvre son répertoire et n’hésite pas à nous entraîner dans une introspection de l’intime avec son autobiographie ou sa rencontre avec Dieu auquel il vient demander en toute humilité de lui fixer le dernier rendez-vous mais en négociant les modalités…

Habillé tout de noir à la façon des All blacks, on devine qu’il porte le deuil de ses adversaires, mais même sa revue de presse avec au besoin la verve et l’accent de Guy Bedos, semble en retrait, ce qui fait que l’on ressort ce spectacle un peu frustré, avec un sentiment mitigé, un mélange inachevé entre petites phrases assassines et dérision au long cours.

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